Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara dit sa position sur la crise au Burkina Faso

Par Gary SLM
Publié le 02 octobre 2015 à 09:26 | mis à jour le 02 octobre 2015 à 09:26

Le Burkina Faso, pays voisin de la Côte d’Ivoire du président Alassane Ouattara, vient de vivre une crise fort heureusement courte. Le président ivoirien s’est prononcé sur la position de son pays dans cette crise lors de son discours à Daloa, relayé par Aouaga.

Alassane Ouattara n'a pas d'intérêt à voir le Burkina Faso en crise

La Côte d’Ivoire est accusée d’avoir soutenu le général Gilbert Diendéré, auteur du coup d’État militaire qui a été déjoué par la population du Burkina Faso. Après un long silence, Alassane Ouattara qui a soutenu l’accord de la CEDEAO rejeté par le Burkina a dit sa pensée sur les événements dans ce pays.

« Tout ce qui se fait ou passe au Burkina Faso nous intéresse au plus haut point et nous avons été très attentifs à l’évolution de la situation… on a travaillé au niveau de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest», a-t-il affirmé avant de rajouter que le Burkina qui est un des pays les plus pauvres du monde doit retrouver sa stabilité.

Les conséquences d'une grave crise au Burkina pour la Côte d'Ivoire

Selon lui, cette stabilité est nécessaire pour la sous-région et pour la Côte d’Ivoire qui compte 3,5 millions de Burkinabè sur son sol. En cas de troubles durables dans ce pays, les familles déjà installées en Côte d’Ivoire peuvent recevoir les populations qui seraient alors obligées de se déplacer massivement.

Alassane Ouattara a laissé entrevoir les conséquences d’une telle situation en disant : « Nous continuons de suivre la situation au Burkina. Les enjeux sont très importants parce qu’il y a 3,5 millions de Burkinabè qui vivent en Côte d’Ivoire et qui ont des parents au Burkina. Vous imaginez s’il y a une crise majeure au Burkina, quelles seraient ses conséquences sur la Côte d’Ivoire ?»

Le général Gilbert Diendéré étant désormais dans les mains de la gendarmerie burkinabé, ce cas de figure s’éloigne fort heureusement pour la Côte d’Ivoire qui, contrairement aux affirmations de médias de l’opposition, n’a pas intérêt de voir le Burkina en crise.

La réalité de pays à pays montre clairement qu’une crise au Burkina Faso n’est pas souhaitable pour le gouvernement ivoirien. Cependant, les relations de personnes à personnes ne donnent pas dans la même logique. La rébellion armée qui a secoué la Côte d’Ivoire dès 2002 avait été préparée au Burkina Faso où Blaise Comparé, ami d’Alassane Ouattara, était aux affaires depuis qu’il avait fait assassiner Thomas Sankara le 15 octobre 1987.

Blaise Compaoré qui s’était emparé du pouvoir a finalement été chassé par le peuple le 31 octobre 2014. Depuis, il réside en Côte d’Ivoire. C’est cette hospitalité accordée à l’ancien putschiste qui fait planer des soupçons sur le régime d’Alassane Ouattara. Plusieurs officiers de l’armée ivoirienne sont proches du général Gilbert Diendéré qui avait formé leurs troupes avant le lancement de la rébellion contre la Côte d’Ivoire. Celle-ci était dirigée par l'actuel président de l'assemblée nationale Guillaume Soro, très proche de M. Ouattara .




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