Afrique : le mythe de la gloire des pères-fondateurs !

Par Gary SLM
Publié le 04 novembre 2015 à 22:26 | mis à jour le 04 novembre 2015 à 22:26

L'Afrique assiste au lendemain de l'indépendance de la plupart de ses pays, à l'émergence d'une nouvelle classe dirigeante. Cette classe dirigeante africaine prendra le relais et succédera ainsi aux colons ou du moins officiellement. Obtenues au forceps ou à l'amiable, les indépendances couvrent la période fin années 50 et début années 60.

Les pères fondateurs en Afrique : entre la gloire et la déchéance

Au lendemain des indépendances en Afrique, ces hommes auront la lourde tâche de présider aux destinées de leurs pays respectifs. Mettre en place l'administration, d'asseoir les valeurs de leurs jeunes nations, poser les fondamentaux d'une nation forte et prospère, sont autant de défis auxquels ils devaient faire face.

Adulé par certains et vénéré par d'autres, Félix Houphouët-Boigny incarne à souhait le passé glorieux de la Côte d'Ivoire moderne : infrastructures routières, établissements scolaires et universitaires de référence, à l'instar de l'Institut National Polytechnique Houphouët-Boigny (INP-HB) situé à Yamoussoukro (la capitale politique du pays). Houphouët-Boigny est aussi entré dans l'imaginaire des ivoiriens comme un fervent partisan de la paix : « Nous n’avons qu’un objet de haine : la guerre; qu’une seule obsession : la paix, la paix des cœurs, la paix sociale, la paix entre les Nations. »

Kwame Nkrumah est considéré comme un trésor national au Ghana et a la réputation d'être le père du panafricanisme (la fibre indépendantiste qui consiste pour les pays d'Afrique à s'affranchir de l'ancienne puissance coloniale). Déposé en 1966 par un coup d'État, l'homme se réfugiera en Guinée.

Jomo Kenyatta est le père de l'indépendance kényane. Il est l'auteur de cette très célèbre citation qui a fait le tour du monde : « Quand les missionnaires sont venus, nous avons les terres et ils avaient la Bible. Ils nous ont appris à prier avec nos yeux fermés. Quand nous les avons ouverts, ils avaient nos terres, et nous avions leur Bible. » Il dirigea le Kenya de 1964 à sa mort, en 1978.

Sékou Touré proclama l'indépendance de la Guinée dès 1958. Il prôna une politique de totale séparation avec la France, l'ancienne puissance coloniale. Sékou Touré ambitionnait de rompre le cordon ombilical qui reliait sa patrie aux colons, en abandonne le franc CFA pour le franc guinéen. Quelques années plus tard, la Guinée est toujours à la traîne et tarde encore à rattraper son retard. Les crises intestines à répétition et l'absence d'infrastructures de base témoignent de ce fait. Considéré comme un héros par certains et un dictateur par d'autres, le costume de père fondateur est devenu un peu trop lourd à porter pour Sékou Touré.

Nelson Mandela est le plus grand de ces noms aujourd'hui. L'ancien prisonnier politique le plus célèbre a marqué l'Afrique du Sud avec son combat contre le système politique institutionnel de ségrégation raciale (apartheid). Même s'il a rejoint les autres leaders loin de ce monde le


Déchus ou élevés au rang de héros, ces hommes appelés pères fondateurs auront réussi à s'installer dans l'esprit des populations d'Afrique comme des mythes ; leur gloire et leur combat inclus. Du Tunisien Habib Bourguiba au Sénégalais Léopold Sédar Senghor, ils auront tous marqué les esprits, en bien ou en mal.

Quel regard portez-vous sur l'oeuvre des pères fondateurs ?


+ Afficher les commentaires
Articles les plus lus