Côte d'Ivoire : Soro attaque le mandat d'arrêt de la Juge Sabine Khéris

Par Gary SLM
Publié le 08 décembre 2015 à 09:35 | mis à jour le 08 décembre 2015 à 09:35

Soro s'est prononcé sur le mandat d'arrêt lancé contre lui en France par la Juge Sabine Khéris. Ses Avocats ont rendu public ce lundi 7 décembre une déclaration dans laquelle ils s'insurgent contre l'attitude de cette Magistrate, a-t-on appris sur guillaumesoro.ci, le site web officiel du mis en cause.

Soro dénonce une violation de la procédure

Soro via le collectif d'Avocats chargé d'assurer sa défense a réagi au mandat d'arrêt qui le vise : « Les avocats de Monsieur Guillaume SORO, Président de l'Assemblée Nationale de Côte d'Ivoire, s'élèvent contre l'émission d'un mandat d'amener à l'encontre de ce dernier délivré ce jour par Madame Sabine Khéris, Juge d'instruction au Tribunal de Grande Instance de Paris. »

Pour la défense de Guillaume Soro rappelle les raisons de la présence de leur client en France : « Il est, en effet, l'un des représentants officiels de la Côte d'Ivoire à la Conférence sur le climat (COP21) dûment mandaté par le Président de la République de Côte d'Ivoire et par l'Assemblée Nationale de Côte d'Ivoire. »

Elle note toutefois l'existence d'un vice de procédure au regard de la fonction de son client et de la manière dont la Juge Khéris a ordonné ce mandat : « Ce mandat est délivré en méconnaissance des pratiques et usages diplomatiques admis et reconnus. Dans les limites des usages diplomatiques et dans ces limites seulement, il coopérera avec la justice française qu'il saisit de son côté d'une plainte en dénonciation calomnieuse contre Monsieur Michel Gbagbo et tous autres. »

Me Jean-Paul Benoît et Me Jean-Pierre Mignard s'étonnent de la tournure que prend l'affaire Michel Gbagbo et disent être entré à maintes reprises en contact avec l'instance judiciaire qui a charge le dossier mais sans suite : « Ceci est d'autant plus choquant que les avocats de Monsieur Soro avaient pris contact à plusieurs reprises avec la Juge d'instruction pour s'interroger sur le cadre dans lequel il pouvait et devait coopérer avec la justice française. Celle-ci dispose dorénavant de tous les documents nécessaires qui pouvaient lui manquer. »

Selon eux, les faits qui sont reprochés au Président de l'Assemblée nationale ivoirienne restent à être prouvés : « Aucune preuve de violences physiques n'a pu être établie lors de cette arrestation. Il a été, à la suite de celle-ci, jugé et condamné par la Cour d'assises d'Abidjan, laquelle a rejeté tous les motifs de nullité soulevés sur les conditions de son arrestation. Il est à noter que le Parquet de Paris avait classé sans suite la première plainte de M. Michel Gbagbo. »

Rappelons qu'il y a quelques jours, Isaac Zida, le Premier ministre burkinabè, avait confirmé l'authenticité du coup de fil entre Soro et Djibril Bassolé. Selon lui, l'ancien Premier ministre ivoirien est impliqué dans le coup d'Etat manqué au Burkina Faso. Cette énième affaire qui l'oppose à Michel Gbagbo devant la justice française vient compléter la liste de ses démêlés avec la justice.

Selon vous, Soro est-il victime d'un complot ou paye-t-il tout simplement pour des actes qu'il a réellement commis ?


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