Attentats de Paris : Pleurs d’Asalfo et Yayi, des Africains les trouvent ridicules, on en parle ?

Par Gary SLM
Publié le 07 janvier 2016 à 18:51 | mis à jour le 07 janvier 2016 à 18:51

Les pleurs de Yayi Boni et Asalfo pour les victimes des attentats de Paris ont fait et continuent de susciter des réactions. Yayi Boni et Asalfo sont deux personnalités africaines de premier rang qui exercent des métiers diamétralement opposés. Le premier est le Président de la République du Bénin et le second est un artiste ivoirien de renommée internationale. Même s'ils sont à l'opposé l'un de l'autre, une chose les réunit : leur réaction après les attentats de Paris. Reportage.

Yayi Boni et Asalfo, des larmes qui en disent long

Yayi Boni et Asalfo ont versé des larmes pour dénoncer le crime odieux commis par des hommes de foi sur des populations innocentes en France. Yayi Boni n'a pas hésité un seul instant à se rendre à Paris quelques jours après l'attaque du journal satirique français "Charlie Hebdo" qui a eu lieu le 7 janvier 2015. Habillé d'un costume aux couleurs du drapeau tricolore (bleu, blanc et rouge), le chef de l'État béninois est devenu la risée des internautes africains qui n'ont pas tardé à le cataloguer comme une personne ridicule. On lui a reproché d'être plus royaliste que le roi.

Aussi, à la suite des attentats de Paris du 13 novembre dernier qui ont coûté la vie à une centaine de personnes, le chef de l'exécutif béninois s'était empressé de décréter une journée de deuil national à la date du 16 novembre. Yayi Boni a pris le soin de mettre le drapeau de la France en berne, mais aussi ceux de tous les pays africains frappés par le terrorisme tels que le Nigeria, le Cameroun, le Mali, etc. Objectif : saluer la mémoire de ces victimes de la barbarie humaine via l'observation d'une minute de silence ce jour-là à partir de 12h00.

Quant à Asalfo, le lead vocal du célèbre groupe ivoirien Magic System, il s'est insurgé contre les tueries qui ont endeuillé la capitale française et a tenu à rendre un hommage appuyé aux victimes. C'était le 30 novembre dernier à Paris où le groupe ivoirien recevait le Grand Prix des musiques du monde de l’année 2015 décernée par la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem) qui opère dans la gestion des droits d’auteur.

Prenant la parole au nom du groupe, Asalfo dit : « C’est par la culture que nous arriverons à vaincre. C’est vrai, les gens ont des fusils, les gens ont des kalachnikovs, les gens ont des bombes, mais nous artistes nous n’avons que notre talent notre plume nos voix pour mener ce combat. Et dire à tous ceux qui sont tombés sous ces balles que nous allons continuer ce combat. »

À l'analyse de ces cas de figure, il serait de bon aloi de s'interroger sur les raisons d'un tel engagement de la part des hommes : est-ce du suivisme ou cela est-il motivé par des raisons valables et légitimes ?

Le constat qui saute aux yeux est aussi simple que subtil : les deux hommes doivent une fière chandelle à l'Hexagone. Yayi Boni est diplômé de l'université Paris-Dauphine d'où il est sorti avec un Doctorat en économie. Auréolé du précieux diplôme, il sera bombardé Conseiller technique du Président béninois de l'époque, Nicéphore Soglo, chargé des Affaires monétaires et bancaires. Un poste qu'il occupera pendant cinq ans (1991 - 1996) avant de prendre les rênes de la Banque ouest-africaine de Développement (BOAD) qu'il dirigera pendant douze ans (1994 - 2006).

Asalfo et ses compères du groupe Magic System sont en réalité des Français d'adoption. Venus d'Anoumabo, un village d'Abidjan (la capitale économique ivoirienne), les "quatre hommes dans le vent" doivent tout à la France. C'est sur les bords de la Seine que leur chanson à succès "premier gaou" est devenue un succès mondial.

C'est à ce pays qu'ils doivent en majeure partie leur gloire qui ne cesse d'atteindre les sommets. La France, à elle seule, a réussi à faire de chacune de leurs chansons des tubes. On pourrait citer notamment Bouger Bouger, Zouglou Dance (Joie de vivre), Ambiance à l'africaine, Même pas fatigué !!!, Chérie coco qui sont arrivés en tête du club 40.

Du point de vue de la morale, s'attrister de la mort d'une personne est normal. C'est donc à juste titre que les intéressés pleurent. Des larmes qui peuvent être interprétées de diverses manières. Les pleurs de Yayi Boni et Asalfo ne sont pas le fruit du hasard. C'est certainement une manière d'exprimer leur gratitude à un pays qui leur a presque tout donné. Pour reprendre le slogan de Yayi Boni lors de sa campagne présidentielle qui a vu son élection en 2006 : « Ça peut changer ! Ça doit changer ! Ça va changer », pour parler bien entendu des polémiques qui nous éloignent de l'essentiel.

Quel regard portez-vous sur les pleurs de Yayi Boni et Asalfo ?


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