Procès Gbagbo / Blé Goudé : face aux critiques de la défense, le Juge pète les plombs

Par Gary SLM
Publié le 05 février 2016 à 09:28 | mis à jour le 05 février 2016 à 09:28

Gbagbo et Blé Goudé étaient présents à l'audience du jeudi 4 février 2016. Une semaine après le début du procès (le 28 janvier dernier), l'audience d'hier faisait suite au témoignage du témoin P-547 qui a accusé ce 3 février l'ancien régime de l'avoir torturé à mort. Mais une décision du Juge-président a chamboulé le déroulement de la procédure, nous dit Ivoire Justice.

Gbagbo et Blé Goudé contestent la décision du Juge Tarfusser.

Gbagbo et Blé Goudé ont sans grande surprise décrié la décision du Juge Tarfusser. En réponse à la requête de la défense qui avait fait savoir la nécessité de connaître à l'avance le contenu de la déposition du témoin P-547 pour un souci de clarté et l'utilisation de questions directives, le magistrat a estimé que les « questions directives » qui peuvent « prédéterminer » les réponses des témoins, sont prohibées. Le président de la Cour dit avoir décidé cela en se fondant sur les statuts de la Cour Pénale Internationale (CPI).

Ebahi et outré par ce qu'il venait d'entendre, l’avocat de Laurent Gbagbo, Me Emmanuel Altit a confié que la probabilité pour que : « Toute la procédure soit entachée de manière irréversible, tout d’abord pour la défense puis pour l’accusation. Les droits de la défense seraient violés et le procès serait inéquitable dès le début. La partie non appelante est placée en infériorité ».

La défense de Charles Blé Goudé, par la voix de Me Alexander Geert-Jan Knoops s'inscrit dans la droite ligne que la position adoptée par Me Altit : « Cette décision va influencer cette Cour et l'Histoire. »

Les esprits ont commencé à s'échauffer quand le juge Cuno Tarfusser a déclaré : « Je trouve que l’argument selon lequel je voudrais nuire aux droits de la défense est intolérable. »

Notons que les deux prévenus sont poursuivis pour crimes contre l’humanité. Ils sont jugés pour leur responsabilité pour les meurtres, viols, autres actes inhumains ou tentatives de meurtres et persécutions qui ont eu lieu en Côte d'Ivoire au lendemain du second tour de l'élection présidentielle de 2010.




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