Procès Gbagbo : coup de tonnerre à la CPI, les noms des témoins révélés

Par Gary SLM
Publié le 06 février 2016 à 09:41 | mis à jour le 06 février 2016 à 09:41

La CPI s'est fourvoyée en révélant par mégarde les noms des témoins appelés à se succéder à la barre. Alors que leur identité était censée rester secrète, un problème technique est à l'origine de la divulgation de leurs patronymes. C'était au cours d'une audience à huis-clos qui s'est tenue le vendredi 5 février 2016, révèle Rfi.

La CPI se laisse piéger.

La CPI (Cour Pénale Internationale) sait qu'elle vient de commettre une bourde qui pourrait être très lourde de conséquences. Ouvert depuis le 28 janvier 2016, le procès de l'ex-chef de l'Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, et de son dernier ministre de la jeunesse, Charles Blé Goudé, tient les populations ivoiriennes en haleine et suscite l'intérêt de la presse internationale.

Après l'entrée en scène du premier témoin à charge de l'affaire, en l'occurrence le témoin P-547, il s'en est suivi de vives discussions entre le Juge-président Cuno Tarfusser et les avocats de la défense portant sur le déroulement du contre-interrogatoire avec une interdiction de poser des questions directives. L'audience du 4 février a été suspendue.

Lors de l'audience à huis-clos du 5 février dernier, le conclave supposé être à l'abri des regards indiscrets va vite se transformer en débat public. Ignorant le fait que les micros de la salle n'étaient pas fermés, le substitut du Procureur, Eric MacDonald passa aux aveux en révélant les noms des Généraux de corps d'armée Phillipe Mangou (ancien chef d'état major de l'armée ivoirienne sous Laurent Gbagbo), Edouard Tiapé Kassaraté (ex-Commandant supérieur de la Gendarmerie nationale) et un certain Sam l'Africain (membre de la galaxie patriotique). L'enregistrement a fait le tour des réseaux sociaux en une fraction de seconde.

L'adjoint de la procureure de la CPI, Fatou Bensouda a commis l'irréparable, ce qu'il craignait d'ailleurs : « Ces derniers cherchent à savoir qui se cachent derrière les témoins 9, 10 et 11.Son nom est confidentiel, il est sous le sceau de la protection et ne peut donc pas être révélé au public alors j'implore la chambre pour voir comment nous allons faire pour gérer cela. »

Les médias ont été interdits de diffuser les noms des témoins. Pascal Turlan, conseiller au Bureau de la procureure de la CPI, a confié que : « La procédure va continuer sous le même régime concernant certains témoins, sous un régime d’auditions publiques pour d’autres témoins (…) Ce régime [de huis clos] reste valable et donc il y a une interdiction qui reste en vigueur de diffuser ou de commenter le nom des témoins protégés dans cette affaire. »




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