Côte d'Ivoire : le silence coupable de l'Etat face à la souffrance des balayeuses

Par Gary SLM
Publié le 17 février 2016 à 11:01 | mis à jour le 17 février 2016 à 11:01

L'Etat fait mine de ne pas savoir les difficultés que vivent au quotidien les nombreuses balayeuses qui s'évertuent chaque jour à rendre Abidjan propre. Ces vaillantes femmes travaillent quotidiennement dans des conditions presqu'insupportables. Elles sont entrées en grève pour réclamer des mois d'arriérés de salaire, rapporte Rfi.

L'Etat tarde à sortir de sa léthargie.

L'Etat de Côte d'Ivoire n'a pas daigné céder aux revendications des balayeuses jusqu'à ce que ces dernières montent au créneau et décident d'observer un arrêt de travail. Dès ce lundi 15 février, elles ont rangé balais, bottes et cache-nez pour se muer en syndicalistes. Raison évoquée : le paiement de plusieurs mois d'arriérés de salaires dont le coût global est estimé à des centaines de millions et une amélioration de leurs conditions de travail qui laissent à désirer.

Au nom de ses amies, la coordinatrice des femmes balayeuses, Ema a crié son ras-le-bol : « Dans toutes les communes d’Abidjan, Plateau, Adjamé, Youpougon, Treichvillle, Port-Bouet, Marcory, Koumassi, Cocody, on aime notre travail, mais c’est l’argent qui fait défaut. Malgré cela, les femmes travaillent et parmi elles, il y en a qui gagne 25 000 francs CFA par mois. Ce n’est même pas de salaire minimum. Elles ne sont pas protégées et si tu as eu un accident, c’est ton problème. Le patron n’est même pas fichu de venir te voir, nous sommes délaissées alors que notre boulot, on le fait pour tout le monde. »

Quant à savoir pourquoi l'on est en arrivé là, il faut plutôt regarder du côté des brouilles et du désordre nés de l'irresponsabilité des organismes ayant à charge la gestion de ce dossier. Il s'agit entre autres des sociétés privées qui les emploient, les communes qui passent les ordres auprès des sociétés, l’Agence nationale de la salubrité urbaine (Anasur) et le ministère de tutelle, celui de la salubrité urbaine dirigée par la ministre Anne Désirée Ouloto, qui se sont tous murés dans un silence ahurissant.

Après avoir longtemps traîné le pas, le Premier ministre ivoirien, Daniel Kablan Duncan a, au nom de l'Etat de Côte d'Ivoire, accordé une audience aux grévistes pour essayer d'aplanir les tensions. C'était dans l'après-midi du lundi à son cabinet présidentiel. lundi dans l’après-midi.


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