Chine : l'Etat travaille à rendre l'offre chinoise plus compétitive : cas des fleurs de lotus

Par Gary SLM
Publié le 02 mars 2016 à 18:15 | mis à jour le 02 mars 2016 à 18:15

En Chine : « Avant, les racines de lotus ne se vendaient pas bien. Beaucoup d'entre elles restaient dans le sol sans que personne ne creuse pour aller les chercher. Mais depuis quelque temps, nous nous concentrons sur une vaste transformation des racines de lotus : du thé aux feuilles de lotus, du jus de racine de lotus, des graines de lotus et d’autres produits variés sont vendus en ligne et obtiennent un franc succès », confie Zang Qiyong, Secrétaire communal du Parti.

La Chine invente un nouveau système économique.

Selon les informations recueillies par Le Quotidien du Peuple, grâce à la transformation des industries traditionnelles, la petite racine de lotus peut désormais aussi avoir une saveur encore plus douce. On conclurait tout simplement que la « nouvelle offre » a engendré un nouvel élan. Cet exemple est tout à fait typique de la portée de la réforme structurelle de l'offre. La réforme structurelle axée sur l'offre est une innovation majeure théorique de la Chine. Mieux, c'est un « poteau indicateur » du développement économique du pays. En décembre dernier, lors de la Conférence qui portait sur le travail central à appliquer dans l'économie, il a été proposé qu’en 2016, et pour une certaine période bien définie à l'avance que l'accent soit mis sur le renforcement de la réforme structurelle de l'offre. Dans l'avenir, l'économie chinoise va-t-elle donc entamer un nouveau cycle de croissance ? Comment permettre au monde de partager davantage d’« opportunités chinoises » ? Ces propositions, nées de la réforme structurelle de l'offre, deviendront sans aucun doute un point essentiel des deux sessions de cette année.

Les dirigeants chinois adaptent la notion de l'offre aux réalités locales.

A court, moyen ou long terme, les problèmes de développement économique auxquels sera confrontée la Chine concernent à la fois l'offre et la demande. En outre, les principaux aspects du conflit se situent du côté de l'offre. Le constat est le suivant : en même temps qu’il existe certaines surcapacités industrielles, de grosses quantités de biens d’usage courant sont en stock, un certain nombre d'équipements clés, de technologies de base, de produits haut de gamme dépendent encore des importations. Une grande partie des consommateurs issus de la bourgeoisie ne trouvent pas ce qu’elle souhaite sur le marché intérieur faute d’une offre diversifiée. Ce qui incite cette frange de la population chinoise à dépenser son argent à l’étranger, parcourant de grandes distances pour faire du shopping.

La reforme structurelle de l'offre est donc en quelque sorte une sorte de « remède à cette maladie », qui permettra de réduire l'offre inefficace, faible et peu diversifiée, et d’étendre ses services à l'option "haut de gamme", d'améliorer la productivité totale, la structure des propositions du marché chinois en termes d’adaptabilité et de flexibilité à l'évolution de la demande. C'est une innovation de taille en ce qu'elle est par essence totalement différente de la vision économique de l'offre telle qu’on la connait en Occident. A quels niveaux ces différences se situent-elles ?

En Chine, la vision de l'offre est aux antipodes de la perception occidentale.

Tout d'abord, les partisans de l’offre soutiennent que celle-ci crée automatiquement une demande, et que, sur le marché, l'offre et la demande peuvent être considérées comme en équilibre automatique. Ils préconisent des réductions d'impôts afin de permettre aux gens et aux entreprises de s’enrichir, mais s’opposent à toute intervention du gouvernement dans l'économie, et sont contre toute politique industrielle. C’est la différence fondamentale avec la Chine, qui elle insiste sur un rôle plus positif du gouvernement, et une « politique industrielle qui doit être précise ».

Ensuite, la Chine ne rejette pas l’idée d’une gestion de la demande, et elle continue à insister sur une « expansion modérée de la demande globale ». Ce qui est tout aussi très différent du concept occidental qui consiste davantage à « insister sur la gestion de l’offre, et ignorer celle de la demande ».


Il y a aussi un fait particulièrement remarquable que constituent les cinq grands piliers politiques. Il s'agit entre autres : une politique macroéconomique stable, une politique industrielle précise, une micro politique dynamique, une politique de réforme réelle et une politique sociale rassurante qui favoriseront la reforme structurelle de l'offre pour créer un meilleur environnement et de meilleures conditions de vie.

La volonté ferme de réforme de la Chine est surveillée de près. À l'heure actuelle, Pékin (la capitale de la Chine) réduit fortement ses surcapacités afin de libérer des ressources physiques, en crédit notamment, et un espace du marché précieux, en vue de booster la qualité et l'efficacité globale de son développement économique.


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