Chine : crise entre les deux Corée, le gouvernement chinois pointé du doigt pour rien

Par Gary SLM
Publié le 08 mars 2016 à 12:51 | mis à jour le 08 mars 2016 à 12:51

La Chine a été longtemps présentée, à tort, comme la pyromane de la péninsule coréenne. Les deux sessions de cette année ont été l'occasion pour le gouvernement chinois d'éclairer la lanterne de l'opinion publique nationale et internationale aux fins de rétablir la vérité sur cette question qui fâche. Plusieurs experts ont pris part à ce panel, explique Le Quotidien du Peuple.

La Chine espère des réformes conformes au droit international.

La Chine considère que pour une résolution rapide de la crise dans la péninsule coréenne, il faut que toutes les parties prenantes au conflit ne perdent pas de vue que seules des décisions en parfait accord avec le droit international pourraient les réconcilier. C'est ce que Yin Zhuo, membre du Comité national de la CCPPC et expert en affaires militaires, a essayé de traduire fidèlement : « Je pense personnellement qu’actuellement un conflit (dans la péninsule coréenne) est encore peu probable ». « Maintenant nous sommes d'accord avec les résolutions des Nations Unies, c’est conforme au droit international, et en conformité avec les exigences de la communauté internationale... »

Le point de vue de Pékin sur les avis du Conseil de sécurité de l'ONU.

Le 2 mars dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité une résolution visant à mettre en œuvre une série de sanctions destinées à freiner les programmes de développement nucléaire et de missiles de la RPDC et a appelé à la reprise des pourparlers à six. La Chine, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité, mais aussi voisine de la RPDC, va de nouveau devenir un centre d'attention.

Dans l'opinion publique occidentale, il a toujours existé des voix se livrant, sur la question du nucléaire dans la péninsule coréenne, à des spéculations sans fondement, ce qu'on appelle « la responsabilité de la Chine ». Après la résolution du Conseil de sécurité, le New York Times et d'autres médias occidentaux ont publié des premières « analyses », disant que « la question clé consiste à savoir si la Chine mettra vraiment en œuvre la résolution ou non». Aux yeux du peuple chinois, ce genre d’« analyse » revient simplement à semer la confusion au sein de l’opinion publique.

En fait, dans les affaires internationales, la Chine est toujours responsable et joue un rôle constructif. Elle a mis en œuvre scrupuleusement les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l'ONU. Pékin a toujours assumé ses obligations internationales notamment sur la question nucléaire de la RPDC, où les Chinois ont joué un rôle irremplaçable dans toute une série de moments importants pour éviter la détérioration de la situation. En conférence de presse ce 3 mars, Hong Lei, porte-parole du Ministère des affaires étrangères, a été on ne peut plus clair sur le régime de non-prolifération des armes qui vise à assurer la paix et la stabilité de la région : « La Chine espère que la résolution sera pleinement et sérieusement mise en œuvre. »

Les Chinois s'opposent à la tendance à prendre que des sanctions.

La Chine estime que les sanctions ne sont pas une fin en soi, et que le dialogue et les négociations sont fondamentalement la meilleure façon pour résoudre le problème nucléaire dans la péninsule coréenne : « Si le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution, c’est pour faire revenir la question du nucléaire dans la péninsule coréenne sur la piste des négociations, elle devrait devenir un nouveau point de départ et la clé de voute pour une solution politique. »


Le 5 mars, le Quotidien du Peuple a en outre publié un article de commentaire qui a crée un tollé, et qui mettait en avant un point de vue de la Chine sur la condamnation et les sanctions contre la Corée du Nord par le biais de la résolution du Conseil de sécurité, affirmant que « la racine du problème de la péninsule coréenne se trouve dans des résidus de la guerre froide et dans la méfiance entre les parties concernées », soulignant que c’est « seulement en encourageant conjointement la reprise rapide des pourparlers à six sur la question nucléaire dans la péninsule coréenne qu’il sera possible d’envisager un véritable tournant ».

À l'heure actuelle, les États-Unis et la Corée du Sud procèdent à des consultations bilatérales sur le déploiement du système antimissile « THAAD », censé assurer davantage de sécurité. Liu Jieyi, représentant permanent de la Chine aux Nations Unies, a récemment déclaré aux médias que la Chine s’oppose au déploiement de ce système antimissile dans la péninsule, parce qu’il porterait atteinte aux intérêts stratégiques et de sécurité de la Chine et d'autres pays de la région, dans le même temps qu’il est contraire aux objectifs de maintien de la paix, de sécurité et de stabilité dans la péninsule, et risque de nuire sérieusement aux efforts de la communauté internationale pour trouver une solution politique dans la péninsule.


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