Affaire Guillaume Soro et Blaise Compaoré, la justice burkinabè se rebiffe

Par Gary SLM
Publié le 29 avril 2016 à 10:46 | mis à jour le 29 avril 2016 à 10:46

Guillaume Soro et Blaise Compaoré pourraient souffler quelque peu. La Cour de cassation vient d'annuler, depuis ce jeudi 28 avril, tous les mandats d'arrêt internationaux lancés contre eux pour leurs responsabilités présumées dans le putsch manqué de septembre 2016 et l'assassinat de Thomas Sankara. Le juge suprême justifie sa décision par le fait que ces mandats sont entachés d'irrégularités, apprend-on de Rfi.

les mandats contre Guillaume Soro et Blaise Compaoré annulés

Guillaume Soro et Blaise Compaoré viennent de remporter une grande bataille juridique. C'est que la Cour de cassation a annulé, dans sa décision d'hier, tous les mandats d'arrêt internationaux lancés par la justice militaire sous la transition. Elle excipe du fait que le commissaire du gouvernement (procureur militaire) aurait dû prendre une « réquisition » avant d’émettre ces mandats. Ne l'ayant pas fait, sa décision comporte un vice de forme qui impose d'annuler purement et simplement lesdits mandats. Le président de l'Assemblée Nationale ivoirienne et l'ancien président burkinabè sont tirés d'affaire, du moins pour l'instant.

Sans remettre en cause le fond des affaires alléguées, le Procureur général près la Cour de cassation s'est plutôt attelé à examiner les conditions d'émission qui ne se sont pas faites dans les règles de l'art. Toutefois, ces mandats pourraient être adressés à nouveau aux destinataires si ces irrégularités ont été corrigées. Soro, Blaise Compaoré et les autres sont donc loin d'être sortis de l'ornière. De même, toutes les personnes qui sont déjà en détention dans le cadre du putsch manqué de l'ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) ne sont pas concernées par ces annulations.

Loin d'être un fait anodin, les observateurs avertis voient derrière toutes ces tractations procédurales des mains politico-diplomatiques. En effet, le président Roch Kaboré s'était offusqué que ces mandats eussent été émis sans qu'il ne soit préalablement informé. Il avait donc répondu à l'appel du président Ouattara qui appelait à régler cette affaire par la voie diplomatique. Certainement que ceci explique cela.


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