Gbagbo à la CPI : le Président Yahya Jammeh accuse Alassane Ouattara

Par Gary SLM
Publié le 15 juin 2016 à 09:34 | mis à jour le 15 juin 2016 à 09:34

Le Président gambien Yahya Jammeh ne supporte toujours pas la déportation dont le président Laurent Gbagbo a été l'objet à la Cour Pénale Internationale (CPI). Il accuse sans coup férir M. Alassane Dramane Ouattara et dégage la responsabilité de sa compatriote Fatou Bensouda, procureure de la CPI.

Le Président Yahya Jammeh très outré contre Alassane Ouattara

Le Président Yahya Jammeh, sans passer par quatre chemins, a affirmé ceci: “Ce n’est pas Bensouda qui voulait Gbagbo, c’est Ouattara qui le lui a envoyé en disant qu’il ne pouvait pas le juger sur place’’. Reconnu pour son franc-parler et ses prises de position contre une CPI qui ne poursuit que les leaders africains, le président de la Gambie ne pardonne pas à Ouattara d'avoir transféré en Novembre 2011 M. Laurent Gbagbo à la Haye, à l’issue de la crise post-électorale de 2010-2011 en Côte d’Ivoire, crise au cours de laquelle le président Gbagbo avait été arrêté. En mai 2014, dans la foulée de la victoire à la présidentielle kényane de Uhuru Kenyatta et de son colistier William Ruto, poursuivis par la CPI pour crimes contre l’Humanité, les 54 membres de l’Union africaine (UA) avaient presque unanimement fait bloc derrière Nairobi pour dénoncer un acharnement du tribunal de La Haye contre le Kenya et l’Afrique en général.

L’UA avait demandé l’abandon des charges contre les dirigeants kényans fraîchement élus, le Premier ministre éthiopien et président en exercice de l’UA, Haile Mariam Desalegn, évoquant une “chasse raciale”. “Les leaders africains râlent aujourd’hui. Mais pourquoi ont-ils signé [le traité ratifiant la CPI] en sachant qu’ils pouvaient en être victimes ?’’, s’est interrogé Yahya Jammeh. Certains Etats membres de l’UA avaient, en plus des critiques contre la Cour, menacé de se retirer de la CPI.

“Ils sont fans des institutions internationales et ils signent des conventions, mais sans se demander pourquoi elles ont été rédigées (…) Que ceux qui veulent quitter la CPI s’en aillent, mais, si les pays africains étaient moins faibles et plus unis, nous pourrions peser au sein de la Cour’’, a conclu le président gambien.


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