Côte d'Ivoire/attentat de Bassam : de l'implication des deux soldats ivoiriens condamnés

Par Gary SLM
Publié le 05 août 2016 à 12:13 | mis à jour le 05 août 2016 à 12:13

Deux soldats ivoiriens ont écopé chacun de dix ans d'emprisonnement ferme et de 200.000 FCFA d'amende. En effet, le tribunal militaire d’Abidjan a reconnu ces soldats des FRCI coupables d'accointances avec le chauffeur des terroristes. Et pourtant ces militaires continuent de clamer leur innocence. Par quelle alchimie auraient-ils valablement dû savoir que leur interlocuteur préparait des attentats sans en avoir de véritables indices ?

Des soldats ivoiriens, complices des terroristes ?

Les sergents Zanga Zoumana Coulibaly et Brice Touré, deux soldats des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), ont été reconnus coupables de « violation de consignes » et « association de malfaiteurs ». Selon le commissaire du gouvernement Ange Kessi, dans son acte d'accusation : « On leur reproche d'avoir cohabité avec ces personnes, d'avoir échangé avec le chauffeur des terroristes. » Puis il ajoute : « Ils disent qu'ils ne savaient pas que c'était des jihadistes. On leur répond: " Vous auriez dû savoir". » Ainsi, le tribunal militaire les tient pour responsables d'infraction militaire que de n'avoir pas signalé plus tôt à leur hiérarchie, cette présence indélicate.

Mais à y voir de près, cette affaire sent véritablement du roussi, car plusieurs zones d'ombre restent encore à élucider. Assane Barry (le chauffeur des jihadistes) avait-il un passé de terroriste qui nécessitait qu'on se méfiât de lui ? Les soldats condamnés étaient-ils au parfum de ce qui se tramait et l'ont délibérément tu ? Quel était leur degré de participation à cette tragédie qu'a connu le pays en ce dimanche noir du 13 mars ?

À la lueur des multiples interrogations qui continuent de tarauder les esprits, certains observateurs ont conclu que ces militaires seraient des boucs émissaires. Leur condamnation n'aurait servi qu'à noyer le poisson. Quoi qu'il en soit, les autorités sécuritaires sont toujours à pied d'oeuvre pour démanteler tous les maillons de la chaine. Plusieurs arrestations ont déjà eu lieu, aussi bien en Côte d'Ivoire qu'au Mali, dans le cadre de cette affaire.

Rappelons que le 13 mars dernier, un attentat terroriste, revendiqué par Aqmi, a frappé la station balnéaire de Grand-Bassam. Dix-neuf personnes, dont quatre ressortissants français, ont été tués lors de ces attaques. Les trois assaillants ont également été abattus par les forces spéciales ivoiriennes.


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