Côte d'Ivoire : LIDER s'offusque du pardon demandé à Bouaké à ADO

Par Gary SLM
Publié le 09 août 2016 à 13:40 | mis à jour le 09 août 2016 à 13:40

Le parti politique LIDER se sent très offusqué du pardon demandé à genoux par des responsables à Bouaké à l'endroit de M. Alassane Dramane Ouattara, en signe de regret de la grogne sociale qui fut si violente dans ce bastion des rebelles de Côte d'Ivoire.

LIDER analyse le pardon demandé à Bouaké à ADO

M. Arnaud GOHI, Délégué national à la Justice et à l’Etat de droit du parti politique fondé par le Pr Mamadou Koulibaly, LIDER, a produit au nom du parti une Déclaration dont nous avons reçu copie de source bien introduite. Cette note laisse transparaître la déception des politiques ivoiriens qui rêvent de démocratie et non de féodalité :

" En histoire j’ai appris que les dissidents soviétiques ont publiquement demandé pardon dans le siècle passé à la Nomenklatura du Politburo.Dans les lieux de cultes l’on m’a enseigné qu’il fallait s’agenouiller pour implorer le pardon divin.En démocratie, j’ai cru comprendre que le peuple était souverain et que les personnes appelées dirigeants, n’étaient qu’en réalité que des mandataires qui devraient lui être soumis. Seulement, la cérémonie d’imploration du pardon du Président de la République a ébranlé toutes mes certitudes.

En effet, ce vendredi 5 juillet 2016 la ville de Bouaké, ex-capitale de la rébellion, s’est déroulée une bien triste cérémonie d’imploration du pardon et de la clémence présidentielle en présence entre autre du frère cadet du Président, et du ministre de l’intérieur venus pour l’occasion en jet privé. Cette cérémonie est consécutive à la grogne sociale brouillement exprimée dans cette ville.

Visiblement aujourd’hui en Côte d’Ivoire, le peuple pourtant théoriquement souverain est réduit à mendier la grâce de son chef. Cette bien triste image est symptomatique du profond malaise démocratique et social qui ronge notre pays. Un peuple piétiné, muselé, appauvrit dans un Etat dans lequel il doit en plus se taire puisque le paysage audio-visuel peine à être libéralisé. Les populations de Côte d’Ivoire payent pourtant à chacune des factures de la CIE le silence de la RTI.

Dans une démocratie ce n’est pas au peuple de s’agenouiller mais à ses mandataires.

Pour LIDER, le peuple doit être placé au cœur de notre démocratie. Si les dirigeants physiquement ne peuvent être mis à genou devant le peuple, ils peuvent en revanche plier devant les exigences du peuple dans un système qui les contraint à rendre compte devant le peuple, devant le Parlement : Le régime Parlementaire à scrutin majoritaire à un tour.

La Côte d’Ivoire doit cesser de se mettre à genou pour des dirigeants très peu soucieux de leurs préoccupations. Le peuple est souverain non pas serviteur. Nous pouvons changer les choses encore faut-il que l’on fasse le choix audacieux du régime parlementaire".

Signé "Arnaud GOHI, Délégué national à la Justice et à l’Etat de droit, LIDER".


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