Côte d'Ivoire : Morou Ouattara visé par le tribunal militaire, une purge du camp Soro ?

Par Gary SLM
Publié le 06 septembre 2016 à 17:18 | mis à jour le 06 septembre 2016 à 17:18

Morou Ouattara pourrait comparaître très bientôt devant le Tribunal militaire. Et pour cause, le commissaire du gouvernement accuserait l'ancien com'zone de Bouna de détournement. Mais au-delà, n'est-ce pas une manière de fragiliser le camp Soro dont l'accusé serait un élément essentiel ?

Morou Ouattara dans le viseur d'Ange Kessi

Le Lieutenant-Colonel Morou Ouattara pourrait rejoindre le box des accusés au tribunal militaire d'Abidjan pour une curieuse affaire de détournement. En effet, le commissaire du gouvernement Ange Kessi ambitionnerait d'intenter une action contre l'ex-commandant de zone des Forces Nouvelles (FN). Car il est reproché au frère d'Issiaka Ouattara dit Wattao d'avoir détourné 60 millions de FCFA destinés aux Forces spéciales. Plusieurs éléments des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) seraient déjà arrêtés dans le cadre de cette affaire.

Toutefois, la coïncidence de cette rocambolesque affaireavec la lutte de positionnement au RDR suscite plusieurs interrogations. Cette action ne cacherait-elle pas en filigrane une fragilisation du camp Guillaume Soro ? De fait, c'est un secret de polichinelle de dire que l'actuel président de l'Assemblée nationale ivoirienne entretient des rapports privilégiés avec ses anciens seigneurs de guerre, dont Issiaka Ouattara et son frère Morou. Ainsi, neutraliser ces deux fidèles compagnons de Bogota reviendrait à affaiblir considérablement l'ancien chef rebelle dans la guerre de succession ouverte entre lui et certains cadres du Rassemblement des républicains (RDR).

Le président ivoirien avait soutenu qu'aucune personne, fût-elle de son camp, ne serait épargnée si visée par la justice. Et pourtant, une enquête commanditée par ses services a mis en lumière de pires exactions commises par ses proches. Au lieu de poursuivre ces crimes de sang dont les auteurs sont connus de tous, c'est plutôt pour une affaire fallacieuse que le procureur militaire semble s'émouvoir. À moins qu'il ne soit réglé pour débarrasser le régime ivoirien de personnes gênantes.

Notons qu'un rapport de l'ONU établit que Wattao et Commando Atchengue ont en leur possession plus de 1.500 armes, soit « environ 10% de l’arsenal militaire total » de la Côte d’Ivoire. Eu égard à toutes ces informations, la succession d'Alassane Ouattara en 2020 s'annonce bruyante.


Afficher les commentaires
Articles les plus lus