RDC : Outré, Lambert Mende fustige le parti-pris d'Hollande sur les violences

Par Gary SLM
Publié le 23 septembre 2016 à 12:27 | mis à jour le 23 septembre 2016 à 12:27

Lambert Mende est très remonté contre le président français pour sa prise de position sur les violences en RDC. Le ministre congolais de la Communication et des Média a donc rappelé à François Hollande que son pays n'est nullement un département français pour recevoir des commentaires désobligeants, apprend-on de Jeune Afrique.

Lambert Mende dénonce l'ingérence française

Lambert Mende n'a manqué aucune occasion pour faire entendre son indignation suite aux propos du président François Hollande. En effet, le porte-parole du gouvernement congolais a tenu à réagir à ce qu'à dit le président français concernant les violences imputables au camp de Joseph Kabila. Ainsi, s'est-il voulu formel : « François Hollande s’est permis de tirer à boulets rouges sur le gouvernement congolais. Et comme à l’accoutumée, nous avons eu droit à des injonctions comminatoires. » Puis, il ajoute : « C’est à se demander si la RDC est devenue un nouveau département d’outre-mer issu de nouvelles conquêtes de l’Hexagone. »

Cette réaction énergique traduit toute l'exaspération des autorités congolaises face à ce qu'elles appellent une ingérence excessive. À en croire certains observateurs, la France aurait du mal à se départir de ses anciennes colonies. Aussi, plus de cinquante ans après les indépendances, l'Hexagone demeure omniprésente dans les affaires africaines. De même, l'ancienne puissance colonisatrice ne manquerait aucune occasion pour orienter le débat politique suivant ses sensibilités. L'intervention française en Côte d'Ivoire en 2011 et le cas gabonais, actuellement pendant, en constituent une parfaite illustration.

Mais n'étant nullement une ancienne colonie française, Kinshasa comprend mal que Paris veuille s'immiscer dans ses affaires internes. Voilà pourquoi les propos de Hollande sur « les victimes provoquées par des exactions venant de l’État congolais lui-même » sont qualifiés « d'insupportables ». Car, les autorités françaises auraient sciemment fermé les yeux sur celles commises par les manifestants de l'opposition. À entendre certains gouvernements africains au sujet de la position française sur les affaires africaines, c'est à croire que l'éveil du nationalisme est remis au goût du jour. N'est-ce pas là une soif réelle d'une totale indépendance ?


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