Côte d’Ivoire : Le front du refus démontre sa force, le pouvoir devient barbare

Par Gary SLM
Publié le 01 novembre 2016 à 17:31 | mis à jour le 01 novembre 2016 à 17:31

Hier vendredi, le front du Refus du référendum de la nouvelle constitution en Côte d’Ivoire a montré sa force par une grosse mobilisation. Le pouvoir d’Abidjan a forcement paniqué au regard du comportement d’une rare barbarie de la police lancée aux trousses des manifestants.

La police ivoirienne se déchaîne contre le front du refus

Ces derniers temps, une épreuve de force se joue entre le pouvoir Ouattara et son opposition. En l’absence de Charles Blé Goudé et Laurent Gbagbo du pays, c’est l’ancien président de l’Assemblée nationale, le professeur Mamadou Koulibaly qui a pris la tête de la mobilisation grâce à son rapprochement avec le FPI Gbagbo. Les militants du principal parti de l’opposition ivoirienne n’ont d’ailleurs cessé de réclamer son retour au FPI Gbagbo pour prendre toute la place qui est la sienne dans la lutte démocratique.

Le front du refus mobilise à Abidjan
Front du refus de la nouvelle constitution ivoirienne

En Côte d’Ivoire, l’opposition ivoirienne se dresse contre le passage en force de Ouattara qui veut doter le pays d’une constitution qu’elle rejette. Pour convaincre de voter oui, le président ivoirien a tenté de réunir ses militants au Stade Félix Houphouët-Boigny sans succès. Il faut dire que les temps sont durs pour l’homme fort d’Abidjan. Les différentes mobilisations de son camp se sont soldées par de cuisants échecs, et ce n’est pas la réquisition d’écoliers à Bouaké qui lui permettra de fausser ce constat.

Pour attirer ses militants au stade Félix Houphouët-Boigny, le camp au pouvoir a déployé de grands moyens. Il a notamment mis à disposition des populations des moyens de transport pour rallier le « Felicia ». Chacun des rares intéressés recevant même un sandwich et une boisson. Plusieurs spots télé et radio ont été diffusés pour annoncer ce rassemblement qui se voulait grandiose. Il mettra finalement le visage de la République à terre parce que Ouattara s’est retrouvé dans un stade vide à plus de 3/4 de sa capacité d’accueil. Un cinglant désaveu du peuple, pas aussi convaincu que son président de la nécessité de changer la constitution ivoirienne actuelle.

De la barbarie policière contre les manifestants anti-nouvelle constitution

À l’inverse, l’opposition a appelé ses militants à une marche vendredi. Le résultat était carrément incomparable à celui du pouvoir puisque les rues d’Abidjan et celles de plusieurs grandes villes de l’intérieur du pays étaient noir de monde. Désireux d’aller au stade Félix Houphouët-Boigny pour démontrer sa force de mobilisation à Ouattara, l’opposition trouvera porte clause du fait du déploiement d’un impressionnant dispositif de policier devant l’édifice. Les groupes de marcheurs qui venaient de Treichville et Marcory atteindront difficilement le plateau. Ceux venant en majorité de Yopougon et Cocody y parviendront en revanche avant que ne se produise l’impensable, tant l’ambiance était bonne enfant.

Face à cet impressionnant déferlement de la population vers les points de rassemblement, la police ivoirienne, sans réel motif, s’est mise à charger les manifestants. Des actes criminels de force de l’ordre seront observés à plusieurs endroits au plateau lors de cette manifestation. Des personnes sont passées à tabac avec une violence inouïe alors qu’elles ne faisaient que revendiquer pacifiquement. Le but était d’empêcher tous les manifestants de se rejoindre pour éviter d’envoyer au monde la force d’une image d’un pouvoir ultra minoritaire en Côte d’Ivoire. Cette violence des hommes d’Hamed Bakayoko n’aura pour autant pas dissuadé complètement les partisans du refus de la tenue de ce référendum de se rassembler.

Alors que les factures d’électricité et le coût de la vie en Côte d’Ivoire sont décriés, Ouattara veut créer un Sénat où il nommerait 1/3 des personnes qui siégeront, première mesure controversée. Le chef de l’État qui se défend de viser un troisième mandat a aussi fait sauter le verrou de la lime d’âge pour les candidats à la présidence du pays. La nouvelle constitution va instituer un poste de vice-président du pays qui serait nommé par le président. Scandaleux! crie l’opposition qui refuse que le dauphin soit choisi par le président. Ouattara dit vouloir créer ce poste pour mettre fin aux crises-poste électorales. Il aurait donc été plus sérieux d’envisager que le vice-président soit le deuxième de l’élection présidentielle.

Demain dimanche 30 octobre sera jour de vote pour l’adoption ou non de cette nouvelle constitution. Pour les opposants à celle-ci, ce scrutin ne sera pas plus sérieux que celui de la dernière présidentielle. Ils appellent les populations à user de tous les moyens pour empêcher sa tenue. Autant dire que des jours chauds s’annoncent dans ce pays où est annoncé Manuel Valls dans les prochaines heures. Pour l’opposition, la France tente de voler au secours de Ouattara pour l’aider à imposer sa constitution puisque cette visite du Premier ministre français sera l’occasion de déployer à travers la ville des soldats français pour casser le mouvement de contestation amorcé ces derniers jours.


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