Afrique : Valls reconnait l'horreur de l'esclavage, mais refuse la réparation

Par Gary SLM
Publié le 31 octobre 2016 à 10:34 | mis à jour le 31 octobre 2016 à 10:34

Manuel Valls effectue actuellement une tournée ouest-africaine qui l'a successivement conduit au Togo, au Ghana puis en Côte d'Ivoire. Lors de l'étape ghanéenne, le Premier ministre français a reconnu « l'horreur » de la traite négrière, mais refuse toute réparation financière.

Quand Manuel Valls refuse d'assumer des responsabilités historiques

Il ne fait l'ombre d'aucun doute que l'esclave a véritablement causé tant de souffrances au peuple africain. En effet, cette tragédie orchestrée par les Occidentaux esclavagistes continue de hanter les esprits à l'échelle planétaire. Ainsi, en tournée en Afrique, Manuel Valls reconnait : « La traite négrière a été un désastre à grande échelle. Cette réalité doit être rappelée, enseignée, martelée. Il faut toujours rappeler l'enfer de douze-millions d'hommes, de femmes, d'enfants arrachés à la terre de leurs ancêtres pour traverser l'Atlantique, enchaînés, réduits à l'état de bétail, de marchandises. Combien d'atrocités, de viols, de meurtres ! C'est un crime contre l'humanité. » Avant d'ajouter paradoxalement : « On ne peut pas réparer l'esclavage, mais on peut préparer l'avenir. »

Et pourtant, des Africains, victimes de cette barbarie, continuent de réclamer une réparation proportionnelle au mal infligé au continent. Mais, celui qui se présente comme « l'ami des Africains » ne l'entend pas de cette oreille. De passage à la Franklin House, une ancienne maison de traite à Accra au Ghana, il a une autre approche. Il appelle tout simplement les Africains à s'affranchir de leur passé, aussi douloureux et humiliant soit-il. Tout comme François Hollande, il écarte toute idée de réparations matérielles de ce crime contre l'humanité qui a disloqué des familles et appauvri davantage le continent.

Néanmoins, certains observateurs continuent d'appeler l'actuel locataire du Matignon à reconsidérer sa position et à chercher à panser les plaies. Car, l'article 1382 du Code civil de la Côte d'Ivoire où il est en visite en ce moment, calqué sur celui de la France, est formel : « Tout fait quelconque de l'homme qui cause à autrui un dommage oblige, celui par la faute duquel il est arrivé, à le réparer. »



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