Côte d'Ivoire: victime collatérale des mutins, un élève lutte contre la mort

Par Gary SLM
Publié le 16 janvier 2017 à 11:21 | mis à jour le 16 janvier 2017 à 11:21

Alors que les mutins sont en passe de recevoir une bonne partie de leurs primes Ecomog, leur victime souffre actuellement. Il s'agit de l'élève Serges Dominique Koya qui a reçu une balle perdue dans la tempe lors des folles journées.

Les mutins jubilent, l'élève Dominique Koya souffre

Dire que la mutinerie qui a secoué Bouaké et d'autres villes ivoiriennes s'est passée sans effusion de sang est faux. Car l'élève Serges Dominique Koya attend d'être opéré pour extraire la balle qu'il a reçue dans sa tempe. À en croire N’Goran Brou Geneviève, sa mère : « C’est le vendredi 6 janvier dernier, aux environs de 16H30, qu’une balle tirée par les militaires dans la rue au quartier Air-France 1 a traversé le toit de la chambre où était couché mon fils et s’est logée dans sa tête. » Et depuis, l'adolescent de 19 ans « n’arrive pas à manger convenablement parce qu’il se plaint de douleur à la mâchoire ».

Informé de la situation, Alain-Richard Donwahi, ministre chargé de la défense, a décidé de prendre en charge les premiers soins. Aussi, l'infortuné élève a-t-il été admis aux urgences chirurgicales du CHU de Bouaké pour des examens d'usage. La radiographie effectuée indique bel et bien qu'une balle est logée dans la tempe du garçon. Un scanner déterminera par ailleurs si une intervention chirurgicale est opportune dans le cas d'espèce. Mais la pauvre mère reste très préoccupée par la santé de son enfant : « J’espère qu’on ne va pas traîner après les résultats du scanner. Au cas où une intervention chirurgicale serait nécessaire, il faudra que cela se passe le plus rapidement possible. »

Voilà donc un effet pervers du mouvement d'humeur des militaires ivoiriens qui réclament à l'État ivoirien des primes de guerre. Alors que leurs revendications ont trouvé oreille attentive, leur victime lutte en ce moment avec la mort. Les autorités ivoiriennes sont donc interpellées pour une bonne prise en charge de ce garçonnet qui n'attend que d'être bien traité pour reprendre le chemin de l'école. Sans minimiser la compétence des médecins ivoiriens, pourquoi ne pas ordonner une évacuation sanitaire de cet élève à l'étranger afin qu'il ne traine aucune séquelle après ?


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