Côte d'Ivoire : grève des fonctionnaires, les élèves entrent dans la danse...

Par Gary SLM
Publié le 16 janvier 2017 à 14:28 | mis à jour le 16 janvier 2017 à 14:28

Les élèves ivoiriens, orphelins de leurs professeurs fonctionnaires, ont décidé de se faire entendre par les autorités ivoiriennes. Aussi, ont-ils entrepris de manifester bruyamment sur toute l'étendue du territoire, délogeant au passage les élèves du privé.

À la suite des militaires et des fonctionnaires, les élèves manifestent également

Le front social est actuellement en ébullition à travers toute la Côte d'Ivoire. À la mutinerie, a succédé la grève des fonctionnaires qui a également engendré celle des élèves et étudiants. En effet, les fonctionnaires et agents de l'État ont entamé une grève de cinq jours, le 9 janvier dernier. N'ayant pas eu gain de cause, Théodore Gnagna Zadi, le leader de la Plateforme nationale (syndicat) a reconduit cette grève, ce lundi 16 janvier, pour cinq autres jours supplémentaires. Ainsi, les élèves et étudiants des écoles et universités publiques sont privés de leurs enseignants, donc pas de cours.

Mécontents de cette situation, ces derniers ont décidé de manifester pour également faire entendre leur cause. « Nous voulons aller aux cours, enseignants revenez, on veut aller à l’école », n'ont-ils cessé de marteler. Aussi, ont-ils pris d'assaut les établissements privés à travers plusieurs villes ivoiriennes pour obliger leurs congénères à suspendre les cours. Abidjan, Bouaké, Daloa, Toumodi, Daoukro et bien d'autres villes ivoiriennes sont actuellement sous la fièvre de leurs manifestations.

Certains de ces apprenants sont directement allés s'en prendre à Kandia Camara, ministre ivoirienne de l'Éducation nationale. Ceux-ci ont donc envahi les locaux de leur ministère de tutelle. Mais aux dernières nouvelles, plusieurs centaines de policiers ont été commis pour déloger ces visiteurs particuliers à coup de matraques et gaz lacrymogène.

La Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI), le puissant syndicat des élèves et étudiants ivoiriens, est également sortie. Le mot d'ordre transmis aux militants par Assi Fulgence Assi dit Général AFA est très clair : « Il n'est pas normal que nous ne fassions pas cours et que nos camarades qui composent avec nous pour les mêmes examens reçoivent entre-temps la formation. »

Si les autorités ivoiriennes ne réagissent pas convenablement à cette situation, les prochains jours pourraient s'avérer encore plus décisifs. Surtout que la contestation est en train de gagner la quasi-totalité des secteurs socioprofessionnels.


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