Côte d’Ivoire: 17 millions FCFA versés aux Forces spéciales d'Adiaké, des journalistes arrêtés

Par Gary SLM
Publié le 06 avril 2017 à 12:21 | mis à jour le 06 avril 2017 à 12:21

La liberté de la presse est menacée en Côte d’Ivoire. Plusieurs journalistes ont été interpellés et placés en garde à vue pour avoir évoqué le versement par le gouvernement d’une prime de 17 millions de FCFA aux 2600 éléments des Forces spéciales.

Encore une grave violation de la liberté de la presse en Côte d'Ivoire, des journalistes incarcérés

La Côte d’Ivoire est en proie à des mutineries à répétition ces derniers jours. Après celle démarrée par 8400 soldats issus de l’ ex-rébellion, d’autres fronts se sont ouverts à Abidjan et dernièrement à Adiaké. Pour calmer les 2600 mutins des Forces spéciales, l’État de Côte d’Ivoire leur aurait versé la prime de 17 millions de FCFA qu’ils réclamaient. Cette information a été démentie par le gouvernement qui dit ne pas avoir entendu parler de cette revendication.

Plusieurs médias ivoiriens, à savoir L'Inter, Soir Info, Notre Voie et LG Infos avaient relayé cette information. Ces dernières heures, les directeurs de publications de ces différents médias auraient été interpellés et jetés en garde à vue par un substitut du procureur et des gendarmes.

Les directeurs de publication, Coulibaly Vamara, du Groupe Olympe, éditeur des journaux Soir Info et L’Inter, Bamba Franck Mamadou du Groupe la Refondation, éditeur de Notre Voie, et Yacouba Gbané du Groupe Cyclone, éditeur des quotidiens Le Temps et LG Info sont les personnes mises aux arrêts par les autorités ivoiriennes. Hamadou Ziao (rédacteur en chef de l’Inter), Jean Bédel Gnago (Soir info) et Ferdinand Bailly (Le temps) sont également détenus avec leurs responsables dans un camp de gendarmerie.

Comme à Bouaké, pourquoi ne pas révéler les dessous de l'accord passé avec les 2600 mutins des Forces spéciales d'Adiaké ???

Malgré le démenti du gouvernement d’une prime de 17 millions de FCFA réclamés par les mutins d’Adiaké, leur porte-parole avait confirmé cette revendication sur TV5, en disant : « Nous voulons nos 17 millions et nos galons de sergent. S’ils refusent de prendre nos revendications en compte, le pays va subir. Parce que nous sommes réellement prêts. Et c’est quelque chose qu’on a déjà commencé et nous sommes prêts à terminer. Jusqu’à la mort.» (Vidéo ci-dessous).

Quelques 24h après cette déclaration, un accord mettant fin à cette mutinerie avait été annoncé. Un Sabary day (excuses présentées par les forces de l'ordre après chaque mutinerie) a même eu lieu à Adiaké par la suite. Si le gouvernement n’a pas payé la prime réclamée par ces hommes, on s’interroge sur la nature de la solution trouvée pour les faire reculer.

On comprend encore moins que les autorités procèdent à l’interpellation de journalistes qui n’ont fait que leur métier. Et quand bien même que cette information de versement de primes serait fausse, rien n’explique l’arrestation de ces personnes dans un État de droit. Les autorités ivoiriennes ont la possibilité de diffuser un démenti dans les colonnes de ces mêmes organes. C'est d'ailleurs l'occasion pour elles d'informer les populations sur les clauses de cet accord qui a permis le retour en caserne de ces 2600 personnes qui paraissaient déterminées.


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