Côte d'Ivoire: Disparus du Novotel, Dogbo Blé accuse la France et l’ONUCI !!!

Par Gary SLM
Publié le 02 mars 2017 à 09:35 | mis à jour le 02 mars 2017 à 09:35

Le général Dogbo Blé Bruno, lors de son intégration au procès "des disparus du Novotel d’Abidjan" (Côte d'Ivoire en 2011), a tenu pour responsables des faits l’armée française et ONUCI. Alors qu’il est accusé d’avoir organisé l’enlèvement et les assassinats de quatre expatriés, dont Stéphane Frantz Di Rippel (ex-directeur du Novotel d’Abidjan), d’Yves Lambelin (directeur général de Sifca) et de ses collaborateurs Béninois Raoul Adeossi et Malaisien Chelliah Pandian, c’est sans trembler que le militaire ivoirien a pointé un doigt accusateur contre la France et l'ONUCI.

La comparution de M. Jean-Marc Simon recommandée par le Général Dogbo Blé Bruno

Le général Dogbo Blé Bruno reconnait avoir été informé de la présence de ces quatre personnes déjà décédées au palais présidentiel. C’est selon lui son adjoint et co-accusé le Colonel Okou Mody qui lui aurait donné l’information, suite à quoi il a ordonné de sortir les corps du palais discrètement. Il justifie sa décision en disant : « C’était pour des raisons de santé et sécurité. Je ne pouvais ni les laisser dans l’enceinte du palais ni demander à mes hommes d‘aller déposer les corps très loin du palais sans prendre le risque de les livrer à l’adversaire qui nous attaquait ».

Le Général dit ne pas savoir comment ces personnes sont arrivées au palais lors de cette période de crise. Il dément avoir donné l’ordre à des soldats d’aller les chercher ou même de les assassiner. Il sort ensuite une piste qui mérite d’être exploitée. « L’hôtel Novotel était un centre de regroupement des Français et des étrangers. Il était gardé par les soldats de la Force française et les Casques bleus. C’est à leur nez et barbe que les bandits ont opéré », dit-il au grand bonheur de ses nombreux fans présents dans la salle d'audience.

Alors que la France est militairement présente en Côte d’Ivoire pour la sécurité de ses ressortissants et des autres expatriés, il est surprenant que des soldats pénètrent dans ces lieux sous sa surveillance pour y soustraire des personnes en pleine période de guerre en Côte d’Ivoire. Ni plus ni moins, l’ancien patron de la Garde Républicaine de Côte d’Ivoire demande « la comparution des responsables militaires d’alors et ceux de l’ONUCI. » Mieux, il aimerait que soit entendu l’ambassadeur de France de l’époque, M. Jean-Marc Simon, si le but du procès est d'assister à "la manifestation de la vérité".

Dogbo Blé Bruno pointe du doigt la France et son ambassadeur

"Si Yves Lamblin et ses compagnons sont morts, c’est parce que la France et l’ONU voulaient absolument qu’ils meurent et au palais présidentiel", déclare encore l’ex-militaire avant d’expliquer que l’ONUCI et la Force Licorne« avaient tous les moyens pour empêcher les bandits qui ont opéré au Novotel". Le Général a aussi tenu à faire savoir que le disparu "Yves Lamblin était un grand ami de Laurent Gbagbo" et que son camp n'avait donc aucune raison de lui vouloir du mal.

Il faut noter que la France et l’ONUCI soutenaient les forces Pro-Ouattara lors de cette crise qui a fait plus de 3000 morts. Le palais présidentiel où étaient retranchés Laurent Gbagbo et ses proches était en ce moment-là encerclé par les forces rebelles pendant que les forces françaises pilonnaient la résidence.

Au bout de ces 2 à 3 heures d’interrogatoire, celui que les sympathisants LMP surnommaient affectueusement "Général Courage" a terminé en disant : "C’est l’histoire et Dieu qui jugeront la France et l’ONU. Qu’ils assument les conséquences de leurs actes au lieu de jeter la responsabilité sur Dogbo Blé".


Afficher les commentaires
Articles les plus lus