Côte d’Ivoire - FPI : Affi l'avoue, Laurent Gbagbo refuse de le recevoir !

Par Gary SLM
Publié le 11 avril 2017 à 15:03 | mis à jour le 11 avril 2017 à 15:03

L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, incarcéré à La Haye où il est accusé de crimes contre l’humanité, refuse de recevoir Pascal Affi N'Guessan, président d’une des branches de son parti politique le FPI. Ce dernier a avoué à la télévision nationale ivoirienne qu’il avait fait des démarches pour rencontrer le créateur du FPI sans succès.

Pascal Affi N'Guessan bien indésirable pour Gbagbo

Le FPI du président Laurent Gbagbo est aujourd’hui un parti divisé. Pascal Affi N'Guessan, accusé de vouloir profiter de la détention de l’ex-chef d’État pour tourner sa page, fait face à une adversité féroce qui le met en minorité. Candidat à la dernière élection présidentielle, il n’avait pas bénéficié du soutien du père du multipartisme en Côte d’Ivoire et avait fait un piètre score. Lors des dernières élections législatives, Affi n’a pas fait mieux non plus puisqu’il ne récoltera que 3 sièges à l’Assemblée nationale.

Interrogé sur sa mise à l’écart par les tenants de la base du parti, le Premier ministre Pascal Affi N'Guessan a avoué : « J’ai demandé à le rencontrer » en parlant du président Laurent Gbagbo. À la question de la journaliste (quasiment monologue ,qui ne laissait aucune place à la réponse à ses questions) sur les raisons du refus de l’ex-président, il répond : « C’est à lui que vous devez poser la question… Moi je peux vous dire que je cherche à le rencontrer parce que c’est un devoir. Nous avons lutté ensemble et il est aujourd’hui en difficulté et j’ai un devoir de compassion, j’ai un devoir de solidarité. Et ces devoirs-là, je tiens à les exécuter. »

Alors qu’il a été le Premier ministre de Gbagbo du temps de son règne et président de son parti le FPI, des fonctions qui font de lui son très proche collaborateur, Gbagbo refuse de lui accorder un parloir alors qu’il a déjà reçu plusieurs personnes du camp Sangaré, président de l’autre branche du parti, et intime de Gbagbo. Affi explique les refus répétés du détenu de La Haye : « C’est parce qu’il considère que le moment n’est pas encore arrivé. (2 ans sans réponse ?) Mais si le moment n’est pas arrivé, pourquoi voulez-vous ? (…) Moi c’est tout ce que je peux vous dire. Maintenant si vous voulez avoir d’autres informations, je crois que c’est lui qui peut vous répondre ».

Pour Affi N'Guessan, le camp Sangaré n'est rien

Le Camp Sangaré accuse Affi de rouler en réalité pour le pouvoir Ouattara. Pascal Affi N'Guessan commente ces propos en disant : « Je dialogue avec le pouvoir parce que le dialogue est nécessaire. Le dialogue c’est notre slogan « asseyons-nous et discutons ». Le président Gbagbo a lui-même dialogué. Dialoguer avec le pouvoir ce n’est pas travailler avec le pouvoir. Je cherche la réconciliation nationale parce que le pays a besoin de la réconciliation nationale… J’aspire à gouverner ce pays parce qu’il faut que le FPI revienne au pouvoir. »

À la question de sa trahison de Gbagbo, il rétorque « je ne vois pas en quoi ces actes constituent une trahison… Je l’assume parce que le pays en a besoin et c’est ce que nous avons toujours fait. C’est ce que même ceux qui m’accusent ont fait avant ma sortie de prison.

Affi bénéficie curieusement d’une peine avec sursis, il a été déclaré président légitime de son parti par les autorités ivoiriennes. Il est même considéré par le régime Ouattara comme le chef de file de l’opposition alors que les dernières élections montrent qu’il n’a pas d’assise populaire. Autant de privilèges qui mettent l’opposant qu’il est dans une situation inconfortable. Sa réponse : « Est-ce donc par jalousie qu’ils disent que j’ai trahi ? Est ce que c’est parce que j’ai été Premier ministre de Gbagbo, j’ai été président du parti, j’ai été porte-parole du président Gbagbo aux élections qu’il m’accuse de tout cela ? Ce n’est pas de ma faute si je réussis là où eux ne peuvent pas réussir. Ce n’est pas de ma faute si aujourd’hui je suis député alors qu’eux ne sont rien… Je pense que si c’est par jalousie, il faut sortir de tout cela parce que ce n’est pas politique. »

Le député de Bongouanou (Centre-est de la Côte d'Ivoire) a quand même terminé en disant que les deux factions du FPI pourraient se rassembler plus vite que prévu.


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