Burkina : Procès de Blaise Compaoré, le CDP crie à la chasse aux sorcières

Par Gary SLM
Publié le 20 avril 2017 à 10:43 | mis à jour le 20 avril 2017 à 10:43

La justice burkinabè a annoncé le procès de Blaise Compaoré et de son dernier gouvernement le 27 avril prochain. Cependant, le CDP, l'ex-parti au pouvoir, voit en ce procès un règlement de compte orchestré par les nouvelles autorités burkinabè.

Blaise Compaoré, cible d'un règlement de comptes politiques ?

À une semaine du début du procès, la tension ne cesse de monter du côté de Ouagadougou. En effet, Blaise Compaoré et les ministres de son dernier gouvernement seront à la barre le jeudi prochain pour répondre des accusations de « complicité d’homicide volontaire » et « coups et blessures volontaires ». Mais le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti de l'ex-président burkinabè est monté au créneau.

À travers un communiqué publié ce mercredi, les responsables de ce parti ont fustigé « une violation manifeste de l’État de droit, au triple plan de leur recevabilité, de la nature des faits reprochés aux personnes inculpées et de l’instrumentalisation de nos institutions à des fins de règlement de comptes politiques ». Pour eux, le président Roch Kaboré et ses collaborateurs se livrent à une véritable « chasse aux sorcières ». Aussi, ce procès annoncé de l'ancien chef d'État burkinabè est-il perçu comme un règlement de comptes dont l'issue est connue. « Nous ne nous faisons pas d’illusions. Les dés sont jetés », se désolent-ils.

Et pourtant, plusieurs organisations de la société civile, dont le Balai citoyen, continuent de réclamer justice, aussi bien pour les crimes commis durant les 27 années de règne de Compaoré, que pour ceux commis pendant l'insurrection populaire qui a occasionné la chute de l'ex-dictateur. Trente-trois personnes avaient été tuées et une centaine d'autres avaient été blessés au cours de ces évènements.

Notons que l'ex-président Compaoré, en exil en Côte d'Ivoire, sera jugé par contumace. Abidjan refuse jusque-là de l'extrader, après lui avoir octroyé la nationalité ivoirienne. Pour les autres ministres qui sont pour la plupart en liberté provisoire au Faso, ils seront à la barre. Ils risquent tous la peine de mort.


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