CIV : Les ex-mutins disent avoir échappé à "un piège tendu par les Imams"

Par Gary SLM
Publié le 28 avril 2017 à 13:11 | mis à jour le 28 avril 2017 à 13:11

La suspicion était à son comble à la rencontre entre les Imams du COSIM et les ex-mutins de Bouaké. La rencontre qui devait préalablement se tenir au sein de la mosquée a finalement été délocalisée au bureau du COSIM.

Les ex-mutins et les Imams se séparent en queue de poisson

La rencontre entre les soldats mutinés en début d'année à Bouaké et les Imams du COSIM a accouché d'une souris. En effet, il courait des bruits selon lesquels ces ex-mutins entendaient perturber les jeux de la Francophonie qui se tiendront à Abidjan du 21 au 30 juillet prochain, s'ils ne percevaient pas le reliquat de leurs primes Ecomog à eux promises par les autorités ivoiriennes. Ainsi, le Cheick Boikary Fofana du Conseil supérieur des Imams (COSIM) s'est rendu à Bouaké pour rencontrer les soldats mécontents.

Alors que la rencontre devait se tenir dans la mosquée, les soldats ex-FAFN ont décliné ce lieu saint. Ils ont préféré que ce soit plutôt les locaux du COSIM qui abritent la rencontre. Ainsi que le justifie l'un d'eux : « Ils ont voulu que la réunion se tienne au sein de la Mosquée. Mais nous avons vu là un piège qu'ils nous tendaient. » Puis, il ajoute : « Comprenez que dans la mosquée, aucun soldat ex-mutin ne serait capable de parler au religieux. Et tout ce qu'ils allaient prendre comme engagement, on serait obligé d'obéir. » Avant de s'interroger : « Connaissez-vous un seul être capable de dire non dans une Église ou dans une Mosquée ? » Ils disent donc avoir préféré les locaux du COSIM qui « ne font pas peur comme l'enceinte de la Mosquée ».

Cependant, un Imam, sous couvert de l'anonymat, ne partage pas cette version des faits. Pour lui, si la rencontre a été délocalisée, c'est parce que certains militaires s'étaient préalablement enivrés. Alors que des hommes dans un tel état d'ébriété ne pouvaient pénétrer dans la Mosquée, ce lieu saint.

Quoi qu'il en soit, la rencontre s'est finalement tenue dans les locaux du COSIM. Toutefois, les soldats disent être restés sur leur faim, car aucune date n'a été donnée par les émissaires du gouvernement quant au paiement des 7 millions restants. Et compte tenu de la conjoncture défavorable, l'État ivoirien ne pourrait se permettre de payer 58 milliards de francs CFA aux 8400 soldats concernés. Conscients de cette réalité, certains militaires ont réitéré leur volonté de perturber les jeux de la francophonie.


Afficher les commentaires
Articles les plus lus