La Côte d'Ivoire, championne d'Afrique de l'apatridie, selon la CEDEAO

Par Gary SLM
Publié le 10 mai 2017 à 12:55 | mis à jour le 10 mai 2017 à 12:55

Les 15 pays membres de la CEDEAO se sont retrouvés, mardi, à Banjul pour réfléchir sur le fléau de l'apatridie. Selon des experts, c'est la Côte d’Ivoire qui regorge de plus d'apatrides du fait de sa législation restrictive.

L'apatridie en Afrique de l'ouest, Abidjan pointé du doigt

Les personnes sans papiers et sans nationalité sont légion dans la sous-région ouest-africaine. Aussi, pour leur permettre d'exister officiellement, une conférence ministérielle des États membres de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) a-t-elle été organisée hier mardi à Banjul, en Gambie, en vue d'adopter un plan visant à pallier aux insuffisances des lois sur la nationalité et aux défaillances en matière de preuve de la nationalité. Cette rencontre fait suite à celle de février 2015 au cours de laquelle l'apatridie a été reconnue comme un véritable drame dans la sous-région ouest-africaine. Les pays de l'Afrique de l'ouest ont donc décidé d'engager une lutte pour éradiquer ce fléau d'ici à 2024. Plus d'un million de personnes en Afrique de l'Ouest sont incapables de prouver leur nationalité.

Toutefois, à en croire des experts, la Côte d'Ivoire est le pays qui regorge de plus d'apatrides. Selon ces derniers, la législation ivoirienne en matière de nationalité est tellement rigide que plusieurs personnes en sont d'office exclues. Aussi, de nombreuses personnes originaires du Burkina Faso et vivant en Côte d'Ivoire sont concernées par cette situation. L'organisation sous-régionale entend donc édicter un document légal qui se veut coercitif dans l'espace communautaire.

Cependant, certains observateurs dénoncent cette accusation, car ne tenant pas compte des multiples efforts des autorités ivoiriennes en la matière. Les audiences foraines et la naturalisation de plusieurs étrangers constituent la preuve d'une réelle volonté politique. Il y aurait plusieurs apatrides vivant sur le territoire ivoirien. Mais « ce n'est pas pour autant que la nationalité ivoirienne va être bradée à tout vent ». Telle est la réaction d'un citoyen ivoirien que nous avons interrogé pour en savoir davantage.


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