Cote d'Ivoire : Le régime Ouattara à l'épreuve des revendications financières

Par Gary SLM
Publié le 24 mai 2017 à 11:41 | mis à jour le 24 mai 2017 à 11:41

Alassane Ouattara avait promis une pluie de milliards s'il accédait à la Magistrature suprême en Côte d'Ivoire. Cependant, après six ans d'exercice du pouvoir, l'économie ivoirienne semble quelque peu en berne. De même, les revendications financières deviennent légion à travers le pays.

Le président Ouattara rattrapé par ses promesses ?

Les promesses électorales n'engagent que ceux qui y croient, disait un homme politique français. Et pourtant, certains corps constitués en Côte d'Ivoire entendent amener le président Alassane Ouattara à tenir toutes ses promesses. Aussi, observe-t-on actuellement une vague de revendications qui ne cessent de plonger le pays dans une sorte de Far West.

Une mutinerie orchestrée par les 8400 ex-rebelles intégrés à l'armée régulière pour réclamer leurs primes Ecomog, le blocage des corridors par les ex-combattants démobilisés pour exiger leur part du gâteau, les grèves à répétition des fonctionnaires ivoiriens pour leurs stocks d'arriérés de salaires sont autant de revendications qui secouent la République. Selon certaines sources, les Dozos (chasseurs traditionnels) auraient également pris un village en otage pour réclamer leur butin de guerre.

Et pourtant, l'État connait en ce moment des difficultés de trésorerie dues à la chute du prix du cacao. Le gouvernement ivoirien s'est vu contraint de réduire de 9% le budget, et ne faire face qu'aux dépenses urgentes. Alors que pendant les campagnes électorales, le candidat du RDR avait promis faire de la lutte contre la pauvreté son cheval de bataille. Plusieurs infrastructures économiques (ponts, routes) ont certes été réalisées. Le taux de croissance avoisine les deux chiffres. Cependant, les Ivoiriens vivent dans la misère. Et rares sont les ménages qui réussissent à manger au moins deux fois par jour.

C'est à croire que l'émergence 2020 promise par le chef de l'État est une véritable « utopie », comme le disait la reggae star Tiken Jah Facoly dans un single éponyme. Certains soldats démobilisés ont même exprimé leur exaspération en ces termes : « S’il (NDLR, le président Ouattara) ne peut pas nous payer, il n’a qu’à partir Gbagbo va venir nous gouverner. » L'expression « Gbagbo kafissa (Gbagbo est mieux, en malinké) » est reprise en boucle. Que fera donc le régime Ouattara face à toutes ces revendications financières ?


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