Côte d'Ivoire : Ouattara prépare-t-il une guerre Soro-Bakayoko en 2020 ?

Par Gary SLM
Publié le 26 juillet 2017 à 19:25 | mis à jour le 26 juillet 2017 à 19:25

La nomination d'Hamed Bakayoko au ministère de la Défense n'est pas passée inaperçue aux yeux des observateurs avertis. À en croire la Lettre du continent, le président Ouattara attise ainsi la rivalité entre son ministre d'Etat et Guillaume Soro.

Guerre ouverte entre Soro et Bakayoko, Ouattara s'y engouffre

La succession d'Alassane Ouattara en 2020 suscite déjà des rivalités entre ses héritiers. En effet, les différents états-majors ne cessent de fourbir leurs armes pour être en pôle position au moment opportun. Ainsi, Guillaume Soro et Hamed Bakayoko, tous deux proches du chef de l'État et potentiels candidats à la présidentielle de 2020, sont au cœur de ces micmacs politiciens.

Le président de l'Assemblée nationale a actuellement maille à partir avec le RDR, sa famille politique, et surtout avec l'Exécutif ivoirien. En témoignent les limogeages d'Alphonse Soro, Méité Sindou et plusieurs autres pro-Soro de leurs postes, sur ordre du Président Ouattara.

L'ex-chef de la rébellion dispose néanmoins d'une réelle force politique, eu égard à son poste au perchoir et d'une autre force suite à la récente nomination de ses anciens comzones (anciens chefs de guerre) dans la haute hiérarchie militaire. Il pourrait donc jouer les trouble-fêtes pour fausser les calculs lors du passage de témoin. Son rapprochement avec Henri Konan Bédié, président du PDCI, n'est également pas du goût des cadres de la rue Lepic.

La nomination d'Hamed Bakayoko au portefeuille de La Défense par le président Ouattara contribue à rééquilibrer les forces. L’ex-ministre de l'Intérieur a désormais les hommes de Soro à sa disposition et sous sa garde. La force régalienne lui est également dévolue. Toute intention malveillante de l'un serait combattue par l'autre. C'est en cela qu'il est évoqué un « risque de déclencher une crise politique » qui aurait sa source de ces deux « ennemis jurés ».

A contrario, des sources proches de la présidence indiquent qu'il n'y a nullement le feu à la demeure. Le président Ouattara est à la barre et il maîtrise le contrôle de tous ses hommes, concluent ces dernières.


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