Côte d'Ivoire : La juge Sabine Kheris aux trousses des ex-Comzones

Les ex-Comzones toujours dans le viseur de la juge Sabine Kheris dans l'affaire Michelle Gbagbo.
Par Dreyfus polichinelle
Publié le 18 décembre 2017 à 17:47 | mis à jour le 18 décembre 2017 à 17:47

La justice française n'a pas encore lâché les anciens Commandants de zones (Comzones) dans l'affaire de l'arrestation de Michel Gbagbo. La juge Sabine Kheris a à nouveau dépoussiéré le dossier, apprend-on de Jeune Afrique.

Pour Michel Gbagbo, Sabine Kheris ne lâche pas les ex-Comzones

« Michel Gbagbo a été arrêté parce qu'il était avec son père », telle était la déclaration de l'ancien Premier Jeannot Ahoussou-Kouadio, au lendemain du 11 avril 2011, date de l'arrestation de Laurent Gbagbo. Cependant, Michel Gbagbo, né d'un père ivoirien et d'une mère française, a déposé une plainte devant la justice française en vertu de sa double nationalité, pour « enlèvement, séquestration et traitement dégradant et inhumain ».

Ainsi, la juge d'instruction française Sabine Kheris souhaite-t-elle entendre les dix anciens chefs de guerre (ex-Comzones) impliqués dans l'arrestation de l'ancien président ivoirien et de toute sa famille à la résidence présidentielle. Michel Gbagbo avait alors subi des coups et blessures de la part de ses ravisseurs, au vu des images diffusées sur des chaînes de télévision.

Notons que les chefs rebelles avaient divisé la zone CNO en 10 zones d'occupation dirigée chacune par un commandant de zone ou Comzones, ainsi qu'il est indiqué : Morou Ouattara (Bouna), Hervé Pélikan Touré alias Vétcho (Katiola), Chérif Ousmane (Bouaké), Zoumana Ouattara (Mankono), Koné Djakaridja alias Koné Zakaria (Séguéla), Losseni Fofana alias Loss (Man), Aboudrahamane Traoré dit Dramane Touba (Touba), Ousmane Coulibaly dit Ben Laden (Odienné), Gaoussou Koné dit Jah Gao (Boundiali) et Fofié Martin Kouakou (Korhogo). Issiaka Ouattara dit Wattao était quant à lui, le chef d'État-major adjoint des Forces nouvelles (FN, ex-rébellion).

Tous ces seigneurs de guerre ont par ailleurs été promus à de hauts postes de responsabilités au sein de l'armée ivoirienne par le président Alassane Ouattara. La procédure judiciaire de la juge d'instruction Sabine Kheris pourrait donc buter sur une impasse, car de source proche du dossier, l'État ivoirien entend saisir la Chambre d’instruction de la Cour d’appel de Paris pour mettre fin à cette procédure, du moins pour l'instant.

Rappelons à toutes fins utiles que la juge Sabine Kheris avait émis un mandat d'arrêt contre Guillaume Soro dans le cadre de cette même affaire en 2016. Mais en vertu « des accords de coopération et des traités internationaux qui unissent la France et la Côte d'Ivoire depuis 1961 en matière judiciaire », l'incident avait été réglé par la voie diplomatique.


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