Après Licorne, l'armée française lance l'Opération Touraco en Côte d'Ivoire

L'opération Touraco ou les exercices militaires de l'armée française en Côte d'Ivoire
Par Dreyfus polichinelle
Publié le 18 avril 2018 à 11:10 | mis à jour le 18 avril 2018 à 11:10

La coopération militaire franco-ivoirienne se renforce au fil des années. Après l'opération Licorne lancée lors de la décennie de crise en Côte d'Ivoire, l'armée française vient d'initier l'opération Touraco dans l'optique de renforcer les capacités de l'armée ivoirienne.

Opération Touraco, militaires français et ivoiriens à la manoeuvre

Seulement cinq jours (du 13 au 17 avril) ont suffi aux armées françaises et ivoiriennes de se lancer dans des exercices militaires en vue du renforcement des capacités des soldats et de l'interopérabilité des troupes. Cette manoeuvre militaire dénommée "opération Touraco" a en effet permis aux deux forces de s'exercer à l'aérotransport et l’aérolargage, ainsi que la maitrise de la 3e dimension aux fins de s’affranchir des difficultés de projection dues aux élongations et maitrisé l’environnement de manœuvre à travers un maillage réel du territoire par les unités spécialisées.

Sous le commandement du Centre National des Opérations Ariennes (CNOA), ces opérations se sont déroulées dans cinq villes ivoiriennes, à savoir Yamoussoukro, Assinie, Grand-Béréby, Gagnoa et Sassandra en raison de la diversité de la végétation qu'offre la Côte d'Ivoire. Ces opérations ont par ailleurs permis d'accroitre la capacité opérationnelle des troupes et des aéronefs de la Brigade Aérienne d’Appui Projection (BAAP), et l’aguerrissement des troupes ivoiriennes.

Ainsi, les unités spéciales des Forces armées de Côte d'Ivoire (FACI), notamment les Fusiliers Commandos de l’Air (FUSCOA), les Fusiliers Marins Commandos (FUMACO), le 1er Bataillon de Commandos et de Parachutistes (1er BCP) et des Forces Spéciales (FS), ont pris part à ces séances de renforcement de capacité. Il s'agit de la toute première opération du genre en Côte d'Ivoire. Seul Djibouti, en Afrique, où une troupe française est également basée, s'était déjà exercé à ces manoeuvres militaires.

Quelle est donc l'opportunité de ces manoeuvres militaires en Côte d'Ivoire ? Y'aurait-il des troubles à l'horizon qui nécessitassent que l'armée ivoirienne soit sur le qui-vive ?

Quoi qu'il en soit, la grande muette ivoirienne, sous la houlette du ministre de la Défense Hamed Bakayoko, se prépare à toutes éventualités. En plus des MI-24, un avion de transport tactique de type Casa dédié au transport de troupes est d'ailleurs en voix d'acquisition et viendra renforcer la capacité de réaction de l'armée de l'air ivoirienne.

Notons que la France et la Côte d'Ivoire coopèrent dans les domaines économique, diplomatique, judiciaire... En vertu de cette coopération, l'opération Licorne avait été dépêchée après l'éclatement de la rébellion en Côte d'Ivoire en septembre 2002. Mais avec les incidents intervenus entre l'armée française et les autorités ivoiriennes en novembre 2004, et surtout l'intervention des forces françaises, bombardant le palais présidentiel lors de la crise postélectorale, une partie des Ivoiriens demande le départ définitif de l'armée française de la Côte d'Ivoire.


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