Ouaga: Les "terroristes" de Rayongo projetaient une attaque en juin

Les terroristes abattus nourrissaient desvprojets lugubres (Maïza Sérémé)
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Publié le 23 mai 2018 à 20:25 | mis à jour le 23 mai 2018 à 20:08

Les quatre "terroristes" de nationalité burkinabè et malienne contre qui les forces de sécurité burkinabè ont mené mardi un assaut à Rayongo, un quartier périphérique de Ouagadougou, projetaient une attaque en juin "contre des cibles importantes", a indiqué mercredi la procureure Maïza Sérémé, lors d’une conférence de presse.

Les terroristes neutralisés nourrisaient un projet de destabilisation

"Il est établi qu’ils projetaient une attaque dans la capitale, courant mois de juin 2018 contre des cibles importantes", a affirmé Maïza Sérémé, procureure du Faso près le tribunal de grande instance de Ouagadougou.

Les individus, de nationalité burkinabè (Youssouf Ouédraogo et Abdoulaye Sawadogo alias Abdallah) et malienne (Malick Sandra, Mohamed Cissé), "appartiendraient au même groupe terroriste Al Mourabitoune, un des groupes composant le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans)".

"Abdoulaye Sawadogo alias Abdallah, cerveau présumé du groupe, est impliqué dans l’attaque de la Brigade territoriale de gendarmerie de Samorogouan (province de Kénédougou) du 9 octobre 2015", a dit la procureure, précisant qu’"il fait aussi partie du groupe de terroristes démantelé dans le quartier de Kilwin (Ouagadougou) le 23 octobre 2016".

Lors de l’assaut mené mardi entre 01H30 et 08H00 (GMT et locales) par l’Unité spéciale d’intervention de la gendarmerie nationale (USIGN) à la villa où ils étaient retranchés depuis le 10 mai, les terroristes Youssouf, Abdallah et Malick ont été abattus. Mohamed qui les avait rejoints à la villa "deux ou trois jours" auparavant, a pu être "capturé" vivant.

Par ailleurs, un gendarme a succombé à ses blessures et quatre autres ont été blessés. Deux des civils du voisinage de la villa ont également été blessés. Et une trentaine de personnes ont été interpellées pour des vérifications d’identité.

"L’enquête révèle un lien entre les occupants de la villa et les assaillants des attaques terroristes du 2 mars 2018", a soutenu la procureure.

Il a été retrouvé à la villa, selon Maïza Sérémé, un "véritable arsenal de guerre" composé notamment de deux AK-47, un fusil mitrailleur PKMS, des pistolets automatiques, un millier de munitions, des détonateurs, des grenades, du matériel de communication, des tenues militaires des armées burbikabè et française.

En outre, une plaque d’immatriculation trouvée à la villa correspond à celle de la moto utilisée dans l’attaque de l’état-major général des armés. Et "une autre plaque renvoie à un véhicule aux caractéristiques identiques a celui de marque Nissan Almeïra qui a explosé" au sein de l’état-major.

Le 2 mars à Ouagadougou, des hommes "lourdement armés" ont simultanément attaqué l’état-major général des armées et l’ambassade de France, distants d’environ deux kilomètres.

Ces attaques, revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), une coalition de groupes jihadistes (formée le 1er mars 2017 et dirigée par le Malien Iyad Ag Ghali), ont fait huit morts parmi les forces de défense et de sécurité (sur les deux sites), huit assaillants abattus et 85 blessés dont 24 civils.


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