Cameroun : Bibixy et ses coaccusés "ne sont pas des terroristes

Mancho Bibixy
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Publié le 25 mai 2018 à 18:30 | mis à jour le 25 mai 2018 à 18:30

Le journaliste Mancho Bibixy et ses coaccusés, poursuivis pour leur présumé rôle, dans les violences survenues dans les régions anglophones camerounaises, entre novembre et décembre 2016, "ne sont pas des terroristes", a indiqué jeudi soir, Me Emmanuel Simh (défense), devant le tribunal militaire.

Le journaliste Bibixy et ses coaccusés ne sont des terroristes selon leur avocat.

"Ces jeunes ne sont pas des terroristes comme vous l’avez dit", a déclaré Me Simh soutenant que "leurs revendications sont absolument légales, même s’il y a eu des débordements", pendant leur manifestation.

Bixixy a été arrêté le 30 novembre 2016, à Bamenda (nord-ouest, épicentre de la crise anglophone), après avoir conduit une manifestation, dans un cercueil au cours d'une marche, le 28 novembre ainsi que d’autres activistes.

Incarcérés depuis lors, à la prison centrale de Yaoundé, ils n’avaient pas bénéficié de l’arrêt des poursuites décidé par le président, Paul Biya le 29 août 2017, contre certaines personnes inculpées pour leur présumé rôle dans les violences survenues dans le Nord-ouest et le Sud-ouest, dans la même période.

Ils sont poursuivis pour "hostilité contre la patrie, outrages aux corps constitués, rébellion, dégradation des biens publics, pillage en bande et coaction de terrorisme".

Dans ses réquisitions, le commissaire du gouvernement, Thaddée Engono, avait invité la présidente du tribunal à avoir "les mains lourdes, dans les charges infligées", aux accusés.

"Nous voulons une peine didactique, pour décourager ceux qui veulent user de violence pour faire prospérer leurs idées.", avait exigé M. Engono.

Quant à la partie civile, elle avait réclamé "365 millions FCFA de dommages et intérêts" pour "réparer le préjudice subi par les victimes."

Au nom de l’état camerounais, Me Mangoua, a réclamé "204 millions FCFA," comme réparation, pour la destruction de trois écoles, le commissariat du 3e arrondissement et la dégradation des routes de Bamenda."

Pour les "dommages et intérêts", Me Claude Assira, un autre avocat de la défense, a demandé au tribunal militaire d’"accorder les circonstances atténuantes" aux accusés qui ont eu "une attitude exemplaire, en deux ans de détention".

Principal accusé, Mancho Bibixy a été reconnu coupable d’"actes de terrorisme et sécession, insurrection, outrage aux corps constitués et fonctionnaires, hostilités contre la patrie."

Le tribunal l’a acquitté pour les faits, d’"actes de guerre, au bénéfice du doute, destruction des biens publics, pillage en bande, propagation de fausses nouvelles et assassinat, pour défaut d’imputabilité."

La présidente de la juridiction militaire, Colonel Abega Mbezoa a renvoyé l’audience à vendredi après-midi, pour le délibéré du tribunal.


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