Justice : À la CPI, Laurent Gbagbo et Blé Goudé montent au front

Laurent Gbagbo et Blé Goudé changent leurs places dans la salle d'audience

Laurent Gbagbo et son avocat Me Emmanuel Altit à la CPI
Par Dreyfus polichinelle
Publié le 07 février 2020 à 09:55 | mis à jour le 07 février 2020 à 10:15

Une nouvelle audience s'est ouverte pour le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé à La Haye, ce jeudi 6 février 2020. Il s'agit pour les deux Ivoiriens de réclamer leur libération totale après leur acquittement devant la Chambre préliminaire I, à la mi-janvier 2019.

Laurent Gbagbo et Blé Goudé changent leurs places dans la salle d'audience

Poursuivis pour « crimes de guerre » et « crimes contre l'humanité » à travers un « plan commun » savamment concocté durant la crise postélectorale de 2010-2011, selon la Procureure Fatou Bensouda, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont engagés dans une longue procédure devant la CPI, Cour pénale internationale. En dépit de la décision prise par le juge-président Cuno Tarfusser et ses assesseurs, Olga Herrera Carbuccia et Geoffrey Henderson, d'acquitter les deux figures de proue de l'ancien régime, et d'ordonner leur « libération immédiate », l'ancien Président ivoirien et le ministre de la Jeunesse de son dernier gouvernement ont été libérés sous conditions à la suite d'un appel du Bureau du Procureur. Le premier vivant dans une résidence secondaire à Bruxelles, et l'autre étant resté dans un hôtel à La Haye, aux frais de la CPI.

L'on note toutefois que lors de l'ouverture de l'affaire Le Procureur c. Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, le jeudi 28 janvier 2016, les deux leaders ivoiriens avaient pris place à l'arrière-plan, derrière leurs équipes de défense respectives. Cette position des deux accusés n'avait jusque-là pas changé durant les trois années qu'ont duré les dépositions des 82 témoins à charge. Gbagbo et Blé Goudé apparaissaient parfois s'ennuyer ou même se ronger les pouces lors des tiraillements juridico-argumentatifs entre leurs avocats, le bureau du procureur, la représentante légale des victimes, les juges de la chambre de première instance et le greffe de la CPI.

Mais pour cette audience décisive, lors de laquelle se joue le recouvrement de « l’intégralité de (leurs) droits humains fondamentaux », les dispositions ont changé. Aussi, a-t-il été donné de voir Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé assis au premier rang, à côté de leurs avocats principaux, comme pour annoncer le ton de la prise en main de leur libération effective. Laurent Gbagbo avait momentanément quitté la salle d'audience, laissant son filleul seul avec ses avocats. Mais, quoi qu'il en soit, leurs défenses sont déterminées à faire valoir leurs arguments pour obtenir gain de cause. Il revient cependant au président de la Chambre d’appel, Chile Eboe-Osuji, et ses collègues de ladite chambre de prendre la décision qui sied selon leur pouvoir discrétionnaire.


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