2020 : Ouattara, 1er ministre de Gon ? Assoa Adou (FPI) a des soupçons

Assoa Adou : « Ouattara était contraint de lâcher le pouvoir »

Assoa Adou, SG du FPI, en conférence de presse
Par Dreyfus polichinelle
Publié le 11 mars 2020 à 13:26 | mis à jour le 11 mars 2020 à 14:04

Au cours d'une conférence de presse animée, ce mercredi 11 mars 2020, Assoa Adou a mis à nu ce qu'il croit être les calculs politiciens d'Alassane Ouattara en annonçant son retrait de la course à la présidence.

Assoa Adou : « Ouattara était contraint de lâcher le pouvoir »

5 mars 2020, Alassane Ouattara était face au Congrès, Députés et Sénateurs réunis, pour se prononcer sur « l'état de la Nation ». Au cours de son discours, le Président ivoirien a annoncé sa volonté de ne pas se porter candidat à l'élection présidentielle de 2020. Mieux, il indique vouloir se faire succéder par « une jeune génération qui a appris à nos côtés ».

Si cette déclaration a été qualifiée « d'historique » par des proches du pouvoir et saluée à l'international, ce n'est pas la même lecture que l'opposition ivoirienne fait de la situation. À la suite d'autres cadres de l'opposition, Assoa Adou est monté, ce mercredi, au créneau pour déconstruire le discours du président Ouattara.

« Au cours d’un combat de boxe, le jet d’éponge par un boxeur défiguré, acculé dans les cordes par son adversaire ne peut être assimilé à un acte de bravoure, mais à une humiliante défaite », a ironisé le chef de file des Gbagbo ou rien (GOR).

Passant en revue les différentes déclarations du chef de l'État qui annonçait vouloir faire un seul mandat, avant d'en donner les différentes variations et changements de ton, le Secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI) pro-Gbagbo est formel : « Ouattara était lâché par tous. Il était donc contraint de lâcher le pouvoir. »

Le compagnon de l'ancien président ivoirien indique cependant que le départ annoncé du Président Ouattara du pouvoir n'en est véritablement pas un. « Ouattara veut instaurer la pérennisation de son système despotique et anticonstitutionnel », a-t-il révélé. Avant de dénoncer le fait que le chef de l'Exécutif ivoirien change le statut du Vice-Président, qui sera désormais nommé par le Président élu, en lieu et place d'être élu lors de la présidentielle.

« Entre 2016, date d’instauration de ce ticket, et 2020, qu’est-ce qui a pu changer dans la société ivoirienne pour que la Constitution évolue dans ce sens ? », s'interroge Assoa Adou. Avant d'ajouter : « Qu'est-ce qui peut autoriser à penser que l'expérience d'un Vice-président élu n'aurait pas eu la même réussite. »

L'ancien ministre des Eaux et forêts de Laurent Gbagbo met donc en garde le Président Ouattara en ces termes : « Si Ouattara veut sortir par la grande porte, il lui faut créer les conditions d’une élection transparente. » Avant de s'insurger contre l'ensemble du RHDP unifié : « C’est le système Ouattara qu’il faut combattre. L’éclipse de sa personne de la scène politique n’est qu’une pure distraction. »

Amadou Gon Coulibaly, Premier ministre ivoirien est pressenti au sein du camp présidentiel pour succéder à Ouattara. Le Pouvoir d'Abidjan préparerait-il en pareille occurrence, un système à la Poutine-Medvedev ?

Il a par ailleurs fait un clin d'oeil sur le cas de l'ancien Président de l'Assemblée nationale, en disgrâce avec le camp présidentiel. « Guillaume Soro a commis le crime de lèse-majesté en refusant d’adhérer au RHDP unifié, et en annonçant sa candidature à la Présidfentielle de 2020 », a-t-il dénoncé.

Notons qu'au cours de cette conférence de presse, Assoa Adou avait à ses côtés George Armand Ouegnin (EDS), Maurice Kakou Guikahué (PDCI) et Laurent Akoun (FPI).


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