Mamadou Koulibaly : "Ce n'est pas notre style de prendre des fusils"

Mamadou Koulibaly parle de la désobéissance civile
Par K. Richard Kouassi
Publié le 01 octobre 2020 à 17:54 | mis à jour le 01 octobre 2020 à 17:56

Mamadou Koulibaly est un farouche adversaire d'Alassane Ouattara. Le fondateur de Liberté et démocratie pour la République (LIDER), un parti politique de l'opposition, s'oppose à un 3e mandat du chef de l'État. Dans une vidéo diffusée sur la toile, le professeur d'économie a levé un coin du voile sur la désobéissance civile lancée par les opposants ivoiriens.

Mamadou Koulibaly parle de la désobéissance civile

En Côte d'Ivoire, l'opposition ivoirienne ne veut pas entendre parler de la candidature d'Alassane Ouattara à la présidentielle du 31 octobre 2020. Henri Konan Bédié (PDCI), Pascal Affi N'guessan (FPI), Mamadou Koulibaly (LIDER), Albert Mabri Toikeusse (UDPCI), les principaux adversaires du président ivoirien ont décidé de faire front afin de s'opposer à un 3e mandat de l'actuel locataire du Palais présidentiel.

"La désobéissance civile s'impose face à la forfaiture de Alassane Dramane Ouattara", a déclaré le président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire fin septembre. Pour sa part, Guillaume Soro, invité de la télévision Afrique Média, a fait savoir que "l'opposition va tenir une réunion pour mettre en place un comité de pilotage qui sera chargé de mettre en œuvre l’appel à la désobéissance civile".

Il y a quelques jours, à l'occasion de la visite d'État d'Alassane Ouattara dans la région de la Marahoué, Hamed Bakayoko s'en est pris aux opposants. "Ils incitent à la rébellion, ils incitent à la désobéissance. Et souvent, c'est des biens publics achetés chèrement qu'ils détruisent. Des bus qui servent à la population. Monsieur le président, nous n'allons plus accepter. On se tait parce qu'on ne sait pas se fâcher à moitié. Quand on se fâche, on se fâche sérieusement", a menacé le Premier ministre.

Mamadou Koulibaly n'a pas mis de temps pour répondre au chef du gouvernement. Le patron de LIDER a tenu à faire des précisions sur le concept de "désobéissance civile". "Beaucoup de gens pensent, surtout au RHDP, que la désobéissance civile signifie prendre des machettes et aller brûler, aller casser, empêcher les gens de travailler. Je les entends dire : "ils disent qu'il y a désobéissance civile, mais il y a des embouteillages à Abidjan", a affirmé l'ex-président de l'Assemblée nationale ivoirienne.

Poursuivant, Mamadou Koulibaly précise qu'il n'a jamais été dit que l'opposition allait prendre des machettes, l'essence et puis brûler les boutiques des gens (...) empêcher que les gens aillent au travail. "Non, ça, ce n'est pas de la désobéissance civile", s'est-il offusqué. Selon Mamadou Koulibaly, "la désobéissance civile, c'est lorsque des candidats sortent des commissions électorales locales". Il soutient que c'est lorsque dans la commission centrale, des candidats recalés comme des candidats inscrits sur la liste des candidats sélectionnés par Ouattara disent à leurs représentants de sortir de la Commission électorale indépendante (CEI). "Ce n'est pas notre style de prendre des fusils, de prendre des machettes et puis de hurler", a enfoncé le mentor de Nathalie Yamb.


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