Libéria: George Weah sur les traces de Condé et Ouattara?

Le président  du Libéria - George Weah
Par Eugène SAHI
Publié le 09 décembre 2020 à 23:26 | mis à jour le 10 décembre 2020 à 04:07

Le Libéria est en attente des résultats du référendum constitutionnel du mardi 8 décembre, à valeur de test pour le président George Weah, l'ex-star du foot, portant sur la réduction du mandat présidentiel.

Libéria - Référendum: George Weah veut-il un troisième mandat?

Le mardi 8 décembre 2020 était jour de scrutin au Libéria pour dire oui ou non aux propositions du président George Weah de réduire la durée du mandat présidentiel et d'autoriser la double nationalité.

Environ 2,5 millions d'électeurs ont été appelés à approuver ou non huit amendements à la Constitution du Libéria, dont un réduisant la durée du mandat présidentiel et celui des membres de la Chambre des représentants, de six à cinq ans, et à sept ans (au lieu de neuf) pour les membres du Sénat.

Le chef de l’Etat libérien âgé de 54 ans et qui est à son premier mandat, est soupçonné de vouloir tirer profit d'une modification de la Constitution pour s’arroger la légitimité de briguer un 3è mandat après une éventuelle remise à zéro des compteurs, le moment venu. Comme viennent de le faire ses homologues et voisins guinéen Alpha Condé et ivoirien Alassane Ouattara.

George Weah a aussitôt rejeté ces craintes, soutenant que l'article 93 de la Constitution du Libéria indique très clairement que si elle est amendée, sous le mandat d'un président, ce président n'en profite pas. La limitation du nombre de mandats à deux reste en vigueur.

Après un premier échec en 2005, George Weah a été élu, 25e président du Liberia, en 2017. L'ancien attaquant de Monaco et du PSG succédait ainsi à Ellen Johnson Sirleaf, première femme à avoir été élue chef d'Etat en Afrique.

La tension est montée d’un cran après que les principaux partis d'opposition ont appelé à boycotter le référendum couplé aux élections sénatoriales pour renouveler la moitié des 30 sièges du sénat.

Par ailleurs, au Libéria, la question de la double nationalité interdite dans le pays depuis 1973 divise les citoyens dont un important nombre, fuyant la guerre et la pauvreté, vivrait à l'étranger, notamment aux États-Unis où ils ont acquis la nationalité américaine.


La population "autochtone" reproche à l'élite américano-libérienne d'utiliser l'argent qu'elle gagne au Liberia pour se construire des propriétés aux États-Unis.

Notons que la Commission électorale nationale (CEN) a décidé de maintenir la date du référendum constitutionnel, malgré la décision de la Cour suprême du Libéria qui avait ordonné le 18 novembre dernier, de surseoir à son organisation, invoquant la violation de certaines dispositions constitutionnelles dans l’énoncé des propositions référendaires.


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