Tanzanie: Un député perd son poste de ministre, incapable de lire

Le président de la Tanzanie, John Magufuli  prêtant serment
Par Eugène SAHI
Publié le 09 décembre 2020 à 17:41 | mis à jour le 09 décembre 2020 à 17:41

Incapable de prêter serment, le député Francis Ndulane, a été recalé pour la nomination comme ministre dans le nouveau gouvernement en Tanzanie.

"La vidéo de l'événement devenue virale sur la toile" en Tanzanie

Le président de la Tanzanie, John Magufuli dit le « Bulldozer », a renoncé à la nomination comme ministre, du député Francis Ndulane, n’étant pas en mesure de lire les textes de la prestation de serment. Le chef de l’Etat tanzanien John Magufuli qui a été réélu au scrutin du mercredi 28 octobre pour un second mandat, a déclaré qu'il avait examiné les CV de tous les candidats avant de les nommer.

La vidéo devenue virale de l'événement auquel a assisté le président John Magufuli a été diffusée sur Twitter et également relayée sur bien d'autres réseaux sociaux. Tant la scène était ahurissante et digne d’une comédie club. Toutefois, le président tanzanien a ajouté que M. Ndulane serait remplacé, a-t-on appris sur BBC. "Je donnerai ce poste à quelqu'un qui peut prêter serment correctement", a annoncé le chef de l’Etat tanzanien. Et de préciser que M. Ndulane va garder son siège de député à l'assemblée nationale.

L’opposition parlementaire avait qualifié le scrutin présidentiel très controversé de fin octobre, d’ «imposture totale », entaché de fraudes massives. Le président sortant, 61 ans, surnommé le « Bulldozer », est crédité de 84,39% des suffrages - contre 58% lors de sa victoire en 2015 - tandis que son principal rival Tundu Lissu, 52 ans, ne totalise que 13,03% des voix, selon les résultats définitifs proclamés par la Commission électorale (NEC).


Le parti de M. Magufuli, le Chama cha Mapinduzi (CCM ou « Parti de la révolution »), au pouvoir sans discontinuer depuis l’année qui a suivi l’indépendance, en 1961, rafle par ailleurs la quasi-totalité des 264 sièges du Parlement attribués lors du scrutin législatif couplé à la présidentielle, selon les derniers résultats publiés par la NEC. Notons que la Tanzanie n’autorise pas de contestation en justice du résultat de la présidentielle. Elle est, en revanche, possible pour les législatives.


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