Gohitafla dévoile la laideur du phénomène des "Congés anticipés"

Gohitafla dévoile la laideur du phénomène des
Par Eugène SAHI
Publié le 11 décembre 2020 à 19:32 | mis à jour le 11 décembre 2020 à 20:09

Gohitafla, vendredi 11 décembre 2020, a connu des manifestations d’élèves réclamant leur départ précipité pour les congés de Noël, dégénérant en pillage.

Pour aller en congés anticipés, des élèves saccagent la résidence du sous-préfet de Gohitafla

Situation surchauffée depuis deux jours à Gohitafla, localité proche de Zuénoula, dans la région de la Marahoué. Des élèves voulant aller plus tôt que prévu en congés de Noël, ont perturbé les cours en s’attaquant aux établissements scolaires publics et privés de la localité. L’intervention des forces de sécurité pour rétablir l’ordre a permis d’appréhender deux des indélicats élèves qui seront placés en garde à vue. Il n’en fallait pas plus pour faire monter la tension dans les rangs des lycéens infiltrés par des badauds qui décident de s’en prendre à la résidence du sous-préfet.

«Pour donc demander la libération des deux élèves, leurs camarades ont décidé, ce vendredi 11 Décembre 2020, de saccager la résidence du Sous-préfet, parti en séminaire à Abidjan; vider la maison du Commandant de Brigade de Gohitafla, celle d’une institutrice et de quelques administrateurs », rapporte l’Aip (agence ivoirienne de presse). «Le problème est très grave et interpelle tout un chacun, parce que parmi ces manifestants, on y retrouve plein de badauds », ajoute la même source.

Les « Congés anticipés » en Côte d’Ivoire, devenus phénoménaux, prennent une tournure violente, voire dramatique par moment depuis quelques années. Dans la nuit du lundi 7 décembre au mardi 8 décembre, c’est le Lycée moderne Usher Assouan de Grand-Lahou qui se voyait vandaliser et piller par des pseudo-élèves, pressés de se livrer à cœur joie aux fêtes de fin d’année. Les cas ne se comptent plus dans le pays dès l’approche du réveillon de Noël.

En 2019, au moins trois élèves ont été tués au cours d’affrontements en moins de deux semaines en Côte d'Ivoire: à Anyama, Daloa et Dimbokro. « L’école ivoirienne est secouée par des violences orchestrées », a accusé, mercredi, la ministre de l’Education nationale, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, Kandia Camara, qui met en cause « certains élèves (qui) ont décidé eux-mêmes de la date des congés » et s’emploient à l’imposer par tous les moyens à la fois à l'administration scolaire, mais aussi aux autres élèves.


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