2021 : Guillaume Soro annonce une nouvelle ère sur la Côte d'Ivoire

Guillaume Soro, son discours à la Nation
Par Dreyfus polichinelle
Publié le 01 janvier 2021 à 23:37 | mis à jour le 02 janvier 2021 à 09:18

À la faveur du Nouvel An 2021, Guillaume Soro a prononcé un « discours à la Nation ». Au cours de cette adresse, l'ancien président de l'Assemblée nationale a passé en revue l'actualité politique de la Côte d'Ivoire, sans oublier de tancer le Président Alassane Ouattara à propos de son 3e mandat.

Guillaume Soro se rappelle de la descente des encagoulés au siège de GPS

Ivoiriennes, Ivoiriens,

Chers amis de la Côte d’Ivoire,

Me voici devant vous pour la deuxième année consécutive, depuis les terres de mon exil, pour m’adresser à vous à l’occasion des célébrations du Nouvel An, avec un sentiment profond de gravité, mais aussi d’espoir lucide et déterminé. Les grandes douleurs promettent d’immenses joies dit-on, pourvu qu’on sache surmonter les premières et féconder les secondes. L’année 2020 s’est achevée. Une année de grands malheurs que nous n’oublierons pas de sitôt.

Chers Compatriotes,

Démarrée sur des chapeaux de roue avec la vague de répression brutale qui s’est abattue sur mes compagnons du mouvement GPS à compter du 23 décembre 2019, la terreur s’est poursuivie et même intensifiée tout au long de l’année 2020. Les rideaux de l’effroi ont été ouverts par l’entrée en scène des miliciens et encagoulés, au siège de GPS. Ces forces parallèles, dont l'apparition, nous le découvrirons plus tard, s’inscrivait dans un plan savamment orchestré de braquage de la souveraineté du Peuple ivoirien.

Covid-19, 3e mandat de Ouattara, Guillaume Soro avait averti de la « catastrophe »

2020 a également été l’année de la terrible pandémie de la maladie à Covid-19, qui a semé la désolation à l’échelle planétaire par son caractère particulièrement dévastateur en termes de décès causés en peu de temps.

Notre Loi fondamentale a été violée, au nom d’arguments aussi grotesques qu’inacceptables de « cas de force majeure » ou « de candidature par devoir », maladroitement invoqués par M. Alassane Ouattara au soutien de son ambition. Je tiens à signaler que les cas « de force majeure » ou de « candidature par devoir » ne sont pas des dispositions de la Constitution ivoirienne. Mais sommes-nous surpris par ce qui est arrivé ? J’en vois qui n’en reviennent toujours pas. Et pourtant, le 31 décembre 2019, dans mon discours à la Nation, j’avais averti de la catastrophe à venir.

L’histoire du troisième mandat de M. Alassane Ouattara est l’histoire d’une surprise tragique qui montre à quel point la limite entre la démocratie et la pire dictature est mince. L’histoire du troisième mandat de M. Alassane Ouattara est l’histoire d’une surprise tragique qui montre à quel point la limite entre la démocratie et la pire dictature est mince.

Dès lors, il était évident que M. Alassane Ouattara persisterait dans sa volonté frauduleuse de se porter candidat et de se faire proclamer faussement élu à la présidence de la République. Oui, nous aurons tout vu, tout entendu, tout vécu, en cette année 2020. Nous aurons vu des partisans de M. Alassane Ouattara, ô sacrilège, décapiter notre jeune compatriote N’Guessan Koffi Toussaint à Daoukro et faire de sa tête un ballon de jeu. Du reste, les organisations internationales des droits de l’Homme, telles que Amnesty Internationale ou Human rights watch (HRW) ont eu tant de pain sur la planche que leurs rapports sur la Côte d’Ivoire sont de véritables banques de données pour d’incontestables poursuites judiciaires internationales.

Je voudrais ici, avec vous, que nous nous adressions aux familles durement éprouvées par cette barbarie. Je m’incline respectueusement devant la mémoire de toutes les personnes tuées et je m’associe pleinement à la douleur de leurs proches. J’ai une pensée émue pour les sept (7) femmes arrêtées avec comme délit « la participation à une marche ». Avec Amnesty International, je dénonce le caractère arbitraire de ces arrestations, car manifester pacifiquement est un droit constitutionnel.

Depuis son exil, Guillaume Soro galvanise ses militants de GPS

Chers Compatriotes,

Malgré la terreur et la répression, je plaide pour que jamais nous ne dévoyions la valeur sacrée de notre engagement en faveur de la démocratie. À vous, adhérents de (GPS) qui avez payé un si lourd tribut au combat que nous avons engagé ensemble, je vous demande de prendre courage ! Notre mouvement est jeune et en pleine construction , raison supplémentaire pour faire la politique autrement.

L’histoire nous enseigne que rien de grand ne s'est accompli facilement. C'est l'ardeur et la persévérance à la tâche qui changent le monde. Toutes les grandes formations politiques, les mouvements de libération, les organisations de lutte, qui ont occasionné la transformation profonde de leur société et de leur pays, ont toutes connu l’épreuve du supplice.

Générations et Peuples Solidaires devra redonner à la politique en Côte d’Ivoire, ses lettres de noblesse, sa vertu, des principes et des valeurs. Nous ne nous sommes pas engagés en politique pour changer de statut social.

Nous sommes venus au syndicalisme ensuite en politique mus par l’idéal du changement en profondeur de la Côte d’Ivoire. Notre objectif demeure la construction d’une Nation forte, assise sur les piliers de l’État de droit et d’une démocratie surgie des entrailles du peuple. Je suis convaincu que nous devons continuer à nous battre avec résilience, abnégation et persévérance.

C’est pourquoi, je voudrais, quelle que soit la situation à venir, dire que (GPS) doit maintenir le cap de l’engagement contre le 3e mandat. Le dialogue politique qui s’instaure en Côte d’Ivoire, nous l’avons souhaité il y a plusieurs années déjà, en professant le pardon et la réconciliation. Que nous y participions ou pas, l’essentiel est que la Côte d’Ivoire soit au-devant et au cœur de nos actes.

En cette année nouvelle, je demande à tous les cadres de Générations et Peuples Solidaires (GPS) et à tous les adhérents de redoubler d’efforts afin d’intensifier le maillage de notre mouvement sur le territoire national. Après toutes ces épreuves, je mandate tous les cadres à investir leurs régions et délivrer le message d’espoir et de solidarité de Générations et Peuples Solidaires (GPS). Nous devons renforcer notre action et densifier notre présence sur le terrain.

Prenons courageusement en main notre destin en tant que peuple épris de dignité, de liberté, de justice, de vérité et d'amour. Enracinons-nous dans ces principes solides et féconds pour traverser tous les déserts de la méchanceté gratuite et de l'ignorance qu'on veut nous imposer ! Si nous voulons que la Côte d’Ivoire change, changeons-la ensemble ! Si nous voulons que la Côte d’Ivoire change, changeons-la ensemble ! Que chacun d’entre nous prenne et accomplisse sa part dans notre révolution citoyenne.

Guillaume Soro souhaite « une annus mirabilis 2021 » aux Ivoiriens

Unissons-nous pour que du nord au sud, de l’est à l’ouest, en passant par le centre, tout Ivoirien se sente chez lui. Agissons sous l’inspiration de l’amour, de la justice, de la vérité, et de la sagesse ! Telles sont les forces qui élèvent l’humanité et les liens qui libèrent les sociétés !

Bientôt nous conjuguerons nos malheurs présents au passé. Je vous le dis, une ère de justice, de concorde, de prospérité et de fraternité, prendra le pas sur ces temps dramatiques et tragiques. En ce début d’année, j’adresse mes vœux de bonheur et de parfaite santé à chacun et à chacune de vous, ainsi qu’à vos familles respectives !

Je vous souhaite une annus mirabilis 2021 !

Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire !


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