Présidentielle 2021 : La Cour constitutionnelle désavoue l'opposition

Présidentielle 2021 : La cour constitutionnelle béninoise désavoue l'opposition
Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 09 janvier 2021 à 09:21 | mis à jour le 09 janvier 2021 à 10:09

La Cour constitutionnelle béninoise a infligé un cinglant désaveu à l’opposition, qui demandait la suppression du système de parrainage relatif à l’élection présidentielle prévue dans le pays, le 11 avril prochain.

Présidentielle : La Cour constitutionnelle béninoise ruine les espoirs de l'opposition

La Cour constitutionnelle béninoise s’est déclarée, jeudi, « incompétente » en statuant sur des recours d’opposants et de citoyens demandant la suppression du système de parrainage relatifs à l’élection présidentielle, dont le premier tour aura lieu le 11 avril 2021. Le juge constitutionnel a rejeté les trois recours formulés par l’opposition béninoise, dans laquelle elle demandait que soit déclaré « inapplicable » le système de parrainage instauré comme l’un des critères pour faire acte de candidature dans la course à la succession du président sortant Patrice Talon. Dans le rendu de sa décision, la Cour constitutionnelle béninoise estime qu’elle ne peut "se substituer" aux députés, représentants du peuple, pour toucher ou modifier le contenu de lois déjà jugées conformes.

Vers une parodie d’élection au Bénin, le 11 avril prochain ?

L’opposition et la société civile dénoncent l’adoption d’un arsenal juridique antidémocratique et contestent les nouvelles règles du scrutin d’avril 2021. Selon l’article 44 nouveau de la Constitution béninoise, le candidat à la présidentielle doit bénéficier d’au moins 16 parrainages parmis les 170 élus locaux que compte la nation béninoise. Sauf que tous les élus sont issus de la majorité présidentielle. « Les partis de l’opposition ont été exclus des dernières élections législatives et municipales à la faveur des règles qui ont été adoptées par la majorité. Ils ne peuvent pas, dans ces conditions, avoir de candidats à la présidentielle.

« Les lois de notre République sont antidémocratiques, c’est ça le fond du problème », déplorait récemment Expédit Ologou, politologue et président de la Civic Academy for Africa’s Future (CIAAF), un centre de recherche sur la gouvernance. Ce qui sous-entend qu’à l’exception du camp du président Patrice Talon, aucun parti ne peut réunir le nombre de signatures de maires ou de députés requis, depuis la loi électorale modifiée de novembre 2019, pour présenter un candidat au scrutin. Depuis plusieurs semaines, plusieurs recours avaient déjà été déposés sur le bureau des 7 conseillers de la Cour constitutionnelle.

Ces recours venant des acteurs politiques, des leaders de la société civile et même de simples citoyens, demandent sans ambages l’annulation du système de parrainage pour le compte de la prochaine présidentielle. Avec cette décision de la Cour constitutionnelle béninoise de rejeter tous les recours introduits tant par les acteurs de la société civile que par les leaders de l’opposition, l’on s’achemine inexorablement vers une élection à sens unique, qui sera sans doute sanctionnée par un plébiscite du président sortant Patrice Talon. L’homme d’affaires devrait, dans les prochaines semaines, annoncer officiellement sa candidature au scrutin prévu le 11 avril prochain.


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