Camp de Guantánamo: Plaidoyer d’Amnesty pour les 40 derniers détenus

Camp de Guantánamo : 750 détenus originaires d'une vingtaine de pays
Par Eugène SAHI
Publié le 11 janvier 2021 à 17:37 | mis à jour le 11 janvier 2021 à 17:37

Joe Biden fermera-t-il le camp de Guantánamo? C’est en tout cas la demande faite par Amnesty International au nouveau président américain qui s’apprête à déposer, le 20 janvier prochain, ses valises à la Maison Blanche.

Camp de Guantánamo: 750 détenus originaires d'une vingtaine de pays

Bientôt 20 ans que le célébrissime camp de Guantánamo a été ouvert, au lendemain de l’historique attaque terroriste des tours jumelles du World Trade Center le 11 septembre 2001. Au moment où Joe Biden s’apprête à s’installer à la Maison Blanche, Amnesty International a publié un nouveau rapport, demandant la fermeture de l’installation militaire extraterritoriale.

« Alors qu’un nouveau président s’apprête à entrer à la Maison-Blanche, nous nous interrogeons sur l’avenir du camp de détention qui a aujourd’hui 19 ans », questionne l’organisation de défense des droits humains. « Il ne s’agit pas seulement des 40 personnes encore détenues à Guantánamo, mais des crimes de droit international commis au cours des 19 dernières années et de l’absence d’obligation de rendre des comptes pour ces crimes. Il est aussi question de l’avenir, alors que nous approchons du 20e anniversaire des attentats du 11 septembre et œuvrons pour obtenir une justice durable », indique Amnesty International.

Dans une nouvelle enquête, l’organisation internationale annonce avoir recensé toute une série de violations des droits humains perpétrées contre les personnes détenues dans le camp; les détenus sont victimes de torture; sont enfermés pour une durée indéterminée sans bénéficier de soins médicaux adéquats et n’ont pas accès à un procès équitable. Les transferts hors du centre sont au point mort et même les prisonniers libérables demeurent incarcérés depuis des années, explique l’Ong humanitaire.

Pour elle, il s’agit de détentions inexorablement liées à de multiples strates d’actes illégaux conduits par les différents gouvernements qui se sont succédés au fil des ans – transferts secrets, interrogatoires au secret, alimentation forcée de grévistes de la faim, torture, disparitions forcées et absence totale de respect de la légalité.

Histoire du camp depuis 1903

Les Etats-Unis disposent du terrain de Guantánamo dans le cadre d'une location annuelle à l'état cubain. Le bail a commencé en 1903 et était destiné à l'installation d'une base militaire de l'armée américaine. Les installations ont accueilli des infrastructures d'incarcération à partir de 1994. Initialement, pour isoler les prisonniers haïtiens mêlés aux réfugiés du coup d'état. Ce même camp a commencé à recevoir des prisonniers soupçonnés de terrorisme dès la fin de l'année 2001.

Il a compté jusqu'à 750 détenus originaires d'une vingtaine de pays différents. Des "combattants illégaux" capturés par l'armée américaine sur ses terrains d'action. L'idée était de soustraire ces détenus au système judiciaire fédéral américain et ses garanties en termes de droits de la défense.

Critiques de la légalité des détentions

Dès 2006, la Cour Suprême des Etats-Unis a déclaré illégales les procédures d'exception menées à Guantanamo. La controverse juridique autour du camp de détention a duré jusqu'en 2020. A la suite de la décision de la Cour Suprême, l'administration Bush a fait adopter par le congrès une règlementation qui autorisait l'armée à enfermer des individus sans contrôle judiciaire classique. Au nom de la lutte contre le terrorisme. Ce type de détention extra-judiciaire a entraîné des vagues de protestations et de critiques de l'opinion publique internationale. De nombreux cas de torture et de conditions de détention dégradantes ont été rapportés.

L'Administration Obama et Guantánamo

Dès 2008, le président Obama a manifesté son intention de fermer l'infrastructure. Une volonté retranscrite dans l'allocution de son vice-président de l'époque, Joe Biden, à la Conférence de Munich sur la sécurité de 2009. Alors qu’il s’apprête à assumer la présidence, l’occasion est offerte à Je Biden, selon Amnesty International, de se montrer à la hauteur de ses propos et la saisir.


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