Irak, le Pape François prie dans les décombres de l'Etat islamique

En visite symbolique en Irak, le pape François à Ur, ville natale d'Abraham
Par Eugène SAHI
Publié le 07 mars 2021 à 16:06 | mis à jour le 07 mars 2021 à 16:06

En visite en Irak, le pape François a prié dimanche 7 mars, au milieu des décombres, pour les victimes de la guerre dans le nord irakien, où les djihadistes du groupe Etat islamique, ont semé la terreur et détruit des églises millénaires.

En visite symbolique en Irak, le pape François à Ur, ville natale d'Abraham

Après un bref passage par l’aéroport d’Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, où le souverain pontife de 84 ans a été accueilli par des dignitaires et des enfants en habit traditionnel, il s’est rendu à Mossoul.

Une visite hautement symbolique, mais aussi l’étape la plus dangereuse de son voyage entamé vendredi.

Le pape est revenu sur le sort de la communauté chrétienne dans le pays, l'une des plus vieilles au monde, mais aussi l'une de celles qui a connu le plus d'exils.

"La diminution tragique des disciples du Christ, ici et dans tout le Moyen-Orient, est un dommage incalculable, non seulement pour les personnes et les communautés intéressées, mais pour la société elle-même qu'ils laissent derrière eux", a-t-il lancé.

Au total, 14 églises de la province de Ninive, dont Mossoul est le chef-lieu, ont été détruites, dont sept remontant aux Ve, VIe et VIIe siècles et il a donc fallu construire une scène dans les ruines de quatre églises de différentes obédiences, dont l'église al-Tahira de Mossoul, vieille de plus de 1 000 ans.

Le souverain pontif s'est rendu à Ur, ville natale d'Abraham, père des religions monothéistes du judaïsme, du christianisme et de l'islam. Le souverain pontife a rassemblé des dignitaires musulmans et chrétiens pour une cérémonie interreligieuse.

Selon Le Monde, la journée de ce dimanche est celle au cours de laquelle gardes du corps et forces de l’ordre seront le plus en alerte. Si la visite du pape est historique, le dispositif sécuritaire déployé pour l’accueillir l’est tout autant.

Les rares kilomètres qu’il a parcourus par la route l’ont été à bord de voitures blindées. Pour la majorité des 1 445 km de son parcours entamé vendredi après-midi, le souverain pontife est dans un avion ou un hélicoptère pour survoler plutôt que traverser des zones où se terrent encore des cellules djihadistes clandestines.

Et cela, au beau milieu d’un confinement total décrété jusqu’à la fin de sa visite lundi matin, face à des contaminations au coronavirus qui atteignent des records en Irak.

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Les mots dits samedi au pape par l'ayatollah Ali Sistani, grande figure du chiisme en Irak et au-delà, assurant œuvrer pour que les chrétiens d'Irak vivent en "paix", en "sécurité" et avec "tous leurs droits constitutionnels", pourraient toutefois leur apporter un soutien réconfortant.

Moment phare de la journée de dimanche, la messe que doit célébrer le pape dans l'après-midi dans un stade d'Erbil devant des milliers de fidèles.

Erbil est la capitale du Kurdistan irakien, qui passe pour un havre de paix au milieu d'un Moyen-Orient déchiré par les guerres. La sécurité et les infrastructures y sont meilleures qu'à Bagdad ou Mossoul. Irak, le pape Françoi




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