Remaniement : Ouattara opte pour un renouvellement générationnel

Alassane Ouattara, une idée sur son nouveau gouvernement
Par Dreyfus polichinelle
Publié le 25 mars 2021 à 12:45 | mis à jour le 25 mars 2021 à 14:13

Alassane Ouattara entend mettre en place un nouveau gouvernement. Le président ivoirien, qui n'entend pas faire du « neuf » avec du « vieux », a d'ores et déjà instruit le nouveau Premier ministre, dont la nomination est en téléchargement, de lui faire des propositions allant dans le sens d'un renouvellement générationnel.

Alassane Ouattara, une idée sur son nouveau gouvernement

5 mars 2020, devant l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès à Yamoussoukro, Alassane Ouattara avait indiqué son intention de prendre sa retraite politique définitive et de se faire succéder par une nouvelle génération.

Mais le brusque décès de l’ancien Premier ministre Amadou Gon Coulibaly a totalement chamboulé le plan du chef de l’État.

En dépit de son retour sur la scène politique et sa réélection pour un troisième mandat contesté par les partis politiques de l’opposition, le locataire de la Présidence ivoirienne n’a pas renoncé à cette ambition de renouvellement de la classe politique ivoirienne.

Aussi, après le décès de son autre Premier ministre, Hamed Bakayoko, le Président de la République de Côte d’Ivoire a-t-il dissout le gouvernement.

Il est toutefois en passe de nommer un nouveau Premier ministre ivoirien qui se fera fort de faire des propositions de personnalités devant être nommées au sein de ce gouvernement.

Cependant, au cours du Conseil des ministres du mercredi 24 Mars 2021, le Président du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, pouvoir ivoirien) a donné une orientation précise sur ses prochains collaborateurs.

« Il appartient au nouveau Premier ministre de me faire des propositions en tenant compte de mon souhait pour un renouvellement générationnel », a déclaré le Président Ouattara.

Reconnaissant du travail abattu par ces anciens ministres lors de ses deux premiers mandats, le président élu, dont l'investiture s'est faite, le 14 décembre dernier, a témoigné toute sa gratitude à ceux de ses collaborateurs qui l'ont accompagné depuis son accession à la magistrature suprême, en 2011, et qui ont mis en oeuvre son programme d'Émergence de la Côte d'Ivoire à l'horizon 2020.

« Je vais vous dire toute ma sincère gratitude pour la contribution que vous avez tous apportée dans la gestion de l'État, certains d'entre vous pendant cinq ans, dix ans et même quinze ans et même plus. Je crois, c'est un grand sacrifice que vous avez fait », a rappelé l'ancien Premier ministre de Félix Houphouët Boigny.

Le nouveau Gouvernement annoncé après les élections législatives

La Côte d’Ivoire sort de nouvelles élections législatives, qui ont vu la participation des acteurs majeurs de la scène politique ivoirienne.

Outre le Parti unifié, qui entendait donner une majorité respectable au Chef d’État, Alassane Ouattara, pour lui permettre de mettre en oeuvre aisément son programme de gouvernement après sa réélection, l’ancien président Henri Konan Bédié, leader du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), en coalition avec Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS, proche de l’ex-président Laurent Gbagbo, la branche du Front populaire ivoirien (FPI) dirigée par l’ancien Premier ministre Pascal Affi N’Guessan, d’autres partis politiques de l’opposition, ainsi que des candidats indépendants, ont participé à ce scrutin devant servir au renouvellement des 255 députés du Parlement ivoirien.

Pour la formation du nouveau gouvernement ivoirien, de persistantes rumeurs font état de l'entrée de certaines figures de l’opposition, à l’image de l’ancien président des jeunes du PDCI-RDA, Kouadio Konan Bertin dit KKB, nomme ministre chargé de la Réconciliation nationale.

Un autre dossier laissé en friches par le pouvoir d’Abidjan, c’est bien la réconciliation entre Ivoiriens. L’ancien Chef d’État Laurent Gbagbo et son ancien ministre de la Jeunesse, Charles Blé Goudé, acquittés par la Cour pénale internationale (CPI) des chefs d’accusation de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, commis lors de la crise ivoirienne dite crise postélectorale, ne cessent d’afficher leur volonté de regagner Abidjan, la capitale économique ivoirienne.

Une audience décisive dans l’affaire Gbagbo et Blé Goudé se tient d’ailleurs devant la Chambre d’Appel de la CPI, le 31 mars prochain, à La Haye.

Les deux acteurs majeurs de la vie politique ivoirienne, après leur mise en liberté sous conditions, espèrent désormais un acquittement définitif.

Quant à Guillaume Soro, ancien Président de l'Assemblée nationale, il se trouve en exil après son retour manqué en Côte d'Ivoire, le 23 décembre 2019.

L'ex-leader des Forces nouvelles (FN, ex-rébellion) est par ailleurs sous le coup d'une condamnation à 20 ans d'emprisonnement, prononcée par la justice ivoirienne.

Le nouveau gouvernement annoncé par le Président Ouattara se chargera donc de la gestion de tous ces dossiers sensibles.


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