Massacre de Duekoué : Amadé Ouérémi, la prison à vie requise contre lui

Par Dreyfus polichinelle
Publié le 14 avril 2021 à 20:02 | mis à jour le 14 avril 2021 à 20:02

Amadé Ouérémi pourrait passer le reste de sa vie en prison. C'est du moins ce que requiert le procureur de la République contre l'auteur présumé des massacres de Duekoué.

Amadé Ouérémi, de véritables monstruosités entendues lors de son procès

La dizaine de jours qu'à duré le procès d'Amadé Ouérémi a donné d'entendre de véritables monstruosités. L'ancien chef de guerre n'a en effet mis aucune difficulté à avouer les pires atrocités commises sur les populations wê.

Les faits remontent à la crise postélectorale de 2010-2011. Les populations Guérés de Duekoué Carrefour ont vécu deux jours d'atrocités. Les 28 et 29 mars, Ouédraogo Amadé Rémi, alors supplétif des Forces armées des forces nouvelles (FN, ex-rébellion), dit avoir reçu l'ordre de sa hiérarchie, notamment le Commandant Losseni Fofana dit Loss, Com'zone de Man, pour s'attaquer aux « miliciens pro-Gbagbo ».

La suite, on la connaît. C'est à une véritable boucherie que l'on a assisté au cours de cette période. Plus de 800 Guérés massacrés en une seule journée. Tel est le triste rapport de nombreuses ONG et autres enquêteurs. Crimes imputés à Amadé Ouérémi et à ses hommes. Des témoins et autres preuves accablantes ont par ailleurs fini par sceller le sort du seigneur du Mont Péko.

Le sort de Ouérémi, le seigneur du mont Péko, déjà scellé par la justice ivoirienne ?

C'est ainsi que dans son réquisitoire, ce mercredi 14 avril, le procureur s'est-il montré particulièrement sévère à l'égard de Ouérémi. D'autant plus que les faits à lui reprochés sont d'une cruauté déconcertante. Aussi, le ministère public a-t-il requis « la prison à vie, sans condition de remise de peine » pour le ressortissant burkinabé.

Le magistrat en charge du dossier n'a certes pas encore établi la culpabilité du prévenu. Encore moins prononcer son verdict. Mais tout porte à croire que la messe est bien dite pour l'ancien chef de guerre.

Amadé Ouérémi, faut-il le rappeler, a accusé, lors de sa comparution, le président ivoirien Alassane Ouattara et l'ancien chef d'État Laurent Gbagbo, qu'il tient pour responsables de la tragédie qu'a connue la Côte d'Ivoire.

Incarcéré à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca), il avait piqué une crise. Mais plus de peur que de mal, dira-t-on. Car le détenu a finalement regagné sa cellule après des soins intensifs dans une clinique d'Abidjan.


Afficher les commentaires
Articles les plus lus