Bénin: Ce que les États-Unis demandent à Talon après sa réélection

Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 15 avril 2021 à 12:48 | mis à jour le 15 avril 2021 à 12:48

Patrice Talon, président sortant de la République du Bénin, a été réélu, sans surprise, à une majorité écrasante à l'issue du scrutin présidentiel du dimanche 11 avril dernier, boycotté par l'opposition.

Bénin : Patrice Talon réélu sans gloire à un second mandat présidentiel

Le Bénin s’est réveillé mercredi après une nuit très calme, sans violence et sans célébration. La réélection de Patrice Talon qui affrontait deux candidats inconnus du grand public, n’a pas surpris grand monde dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Selon les résultats provisoires proclamé mardi par la Commission électorale nationale autonome (CENA) , le chef de l' Etat sortant s'en est sorti avec plus de 86 % des voix, à l'issue d'un scrutin boycotté par l'opposition dite significative.

Le taux de participation, à en croire l'organe électoral, s’élève officiellement à 50,17%, mais le chiffre interroge après les déclarations des observateurs internationaux, annonçant une participation « faible ». « Quand on regarde l’affluence dans les bureaux de vote, les informations de la société civile, et ce qu’on a observé soi-même, on est un peu surpris du taux de participation de 50% », commente Expedit Ologou, politologue béninois.

Le président réélu durcit le ton

La veille du scrutin, de violentes manifestations avaient éclaté dans le pays, notamment dans les régions nord et centre. L'opposition dénonçait, non seulement la prorogation de 45 jours du mandat du président Talon, mais également le verrouillage par le parti au pouvoir, du processus électoral. La répression par les forces de l'ordre des manifestations annoncées pour être pacifiques, a fait au moins 2 morts, de nombreux blessés et plusieurs arrestations dont un ancien membre du gouvernement. « 21 personnels des forces de défense et de sécurité ont été blessés par balles », affirme de son côté le ministre de l’Intérieur du Bénin, Sacca Lafia.

Pour Patrice Talon, qui s'exprimait au lendemain de la confirmation de sa réélection, les violences survenues peu avant la tenue du scrutin, sont du fait d' «assaillants » manipulés par des figures de l'opposition. « Nous allons œuvrer ensemble à réparer ce qui ne va pas, à instaurer un climat de stabilité, de sécurité et de paix afin que ce genre de choses n’arrivent plus jamais », a-t-il prévenu. Non sans annoncer des poursuites à l'encontre des instigateurs de ces mouvements de contestation. « On a atteint des proportions inacceptables (de violence, ndlr) et nous allons tout faire pour que cela ne se répète plus jamais », a déclaré M. Talon qui a promis « d’identifier les instigateurs » des manifestations.

Les États-Unis appellent à tenir des consultations en vue des prochaines élections

Les États-Unis ont appelé mercredi sur Twitter le pouvoir béninois « à tenir des consultations (…) afin de s’assurer que les élections futures soient compétitives et inclusives ». Cette sortie de l'administration Joe Biden est consécutive à l'ambiance qui a prévalu avant la tenue de l'élection présidentielle. Si le scrutin qui a vu la réélection du président Patrice Talon, s'est tenu dans un contexte socio-politique relativement calme, il demeure tout de même important de souligner que l' élection s'est déroulée dans un cadre sans enjeu.

Le président sortant avait face à lui, deux candidats, anciens députés quasiment méconnus du grand public. Les principaux opposants ont été soit incarcérés, soit contraints à l' exil, soit ont vu leurs dossiers de candidatures, rejetés par l'organe électoral. Avant le scrutin, Patrice Talon était accusé de créer les conditions de sa réélection à travers des mesures considérées comme anti-démocratiques par certains de ses rivaux.


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