Mali : La Transition malienne, otage de la junte militaire ?

Par Dreyfus polichinelle
Publié le 20 avril 2021 à 10:44 | mis à jour le 20 avril 2021 à 10:44

Le Mali a mal à sa démocratie. C'est le moins que l'on puisse dire après le énième coup d'État contre le pouvoir d'Ibrahim Boubacar Kéita. L'espoir placé dans la junte militaire est cependant en train de s'effriter avec les nombreuses dérives observées ces derniers mois.

Mali, quand l'espoir d'une transition se mue en désillusion

18 août 2020, Ibrahim Boubacar Kéita alias IBK perd le pouvoir à la suite d'un coup de force. Une mutinerie qui a éclaté dans une garnison près de Bamako a fini par avoir raison de son pouvoir. Et pourtant le locataire de Koulouba venait de rempiler pour un second mandat. Après ce putsch, la junte militaire a créé le Comité national de Salut du peuple (CNSP) et a pris les rênes du pouvoir.

Cependant, sous pression de la CEDEAO et de la Communauté internationale, Assimi Goïta, le chef de la junte a finalement cédé le pouvoir à un civil, en l'occurrence le colonel à la retraite Bah N'Daw. Le Conseil de sécurité a par ailleurs tenu une réunion sur la crise malienne. À cette réunion, l'ambassadrice des États-Unis à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, a exhorté les autorités de la transition à organiser des élections libres et équitables dans de meilleurs délais.

Cette recommandation n'est nullement tombée dans des oreilles de sourds. Car le gouvernement de transition vient de publier le chronogramme des différentes élections. Scrutin référendaire : dimanche 31 octobre 2021. Élection des Conseillers des collectivités (Conseillers municipaux, Conseillers de cercle, Conseillers régionaux et Conseillers du District) : dimanche 26 décembre 2021. Élection couplée du président de la République et des Députés de l’Assemblée nationale : dimanche 27 février 2022. Les éventuels seconds tours sont prévus respectivement pour le dimanche13 mars 2022 et le dimanche 21 mars 2022.

Les tares de la junte militaire mises à nu

Certains citoyens maliens ne cessent toutefois d'émettre de sérieuses réserves sur la bonne conduite de la transition. Et surtout dans la gestion de la chose publique. L'insécurité galopante, la corruption, le népotisme, l'avilissement de la classe politique malienne, la destruction de l'économie, l'attribution des marchés dans des conditions opaques, militarisation de l'administration et des postes financiers, voici autant de tares mises à nu dans les colonnes du confrère Bamada.net.

Pour les personnalités civiles qui tirent leur légitimité des militaires, les récriminations sont quasiment les mêmes. Le chef de la transition, Bah N’Daw et son Premier ministre Moctar Ouane n'échappent pas à cet engrenage. Au vu de ces agissements, le confrère affirme sans sourciller que « la junte militaire a pris en otage le Mali ». Avant d'ajouter : « Ils sont en train d’emporter le Mali avec eux par leur gouvernance chaotique. » C'est d'ailleurs à croire que de nombreux Maliens regrettent l'éviction d'IBK de Koulouba.

Et ce, d'autant plus que le M5-RFP, avec à sa tête un certain Imam Mahmoud Dicko, ont annoncé des manifestations. Manifestations qui se tiendront finalement au terme du ramadan. Après les chaudes manifestations qu'a connues le Mali, le pays est à nouveau en passe de connaître d'autres heures chaudes. Surtout sous ce régime de transition qui est loin d'avoir rassuré tous les Maliens.


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