Issiaka Diaby demande de ne pas "sécuriser l'arrivée de Gbagbo"

Issiaka Diaby, président du collectif des victimes pro-Ouattara
Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 11 juin 2021 à 19:20 | mis à jour le 11 juin 2021 à 19:20

Issiaka Diaby, chef de file des victimes pro-Ouattara de la crise postélectorale de 2010-2011, est à nouveau sorti de son silence, ce vendredi, alors que Laurent Gbagbo se prépare à regagner la Côte d'Ivoire.

Retour de Gbagbo - Issiaka Diaby prévient: "Nous ne lâcherons pas prise"

Le président du collectif des victimes pro-Ouattara de la crise post-électorale de 2010-2011, est à nouveau monté au créneau. Ce vendredi 11 juin 2021, il a été reçu en audience par le ministre Vagondo Diomandé en charge de la Sécurité. Au menu des échanges entre les deux hommes, le retour en Côte d'Ivoire de l'ex-président Laurent Gbagbo, prévu, sauf revirement de situation, le jeudi 17 juin prochain.

À l'occasion, Issiaka Diaby a réitéré son souhait de voir Gbagbo arrêté et conduit à la Maison d'arrêt et de correction d' Abidjan (MACA ), en application de la décision de justice, prise par le tribunal d'Abidjan, le condamnant à 20 ans de prison par contumace.

" Il y a des partisans de Laurent Gbagbo qui sont venus demander la sécurisation de l'arrivée de leur mentor, c'est leur droit, mais nous aussi, nous avons le droit de dire au gouvernement que la place de l'ex-président Laurent Gbagbo, c'est la prison. Il y a une procédure judiciaire en Côte d'Ivoire contre lui et cela doit s'appliquer dès sa descente de l’avion", s'est exprimé Issiaka Diaby.

Issiaka Diaby et ses camarades du collectif des victimes sont en effet formellement opposés au retour de l'époux de Simone Gbagbo, en dépit de son acquittement définitif par la Cour pénale internationale (CPI ).

Le 10 mai 2021, en compagnie d'une centaine de supposées victimes de la crise militaro-politique de 2010-2011, Issiaka Diaby a organisé une manifestation contre le retour annoncé de l'ex-président ivoirien. Il entend récidiver à compter du lundi prochain, si rien n'est fait pour la prise en compte des exigences de son collectif.

" Dans un pays, on ne peut pas vouloir l'émergence des institutions fortes en les fragilisant. Pour nous, pour qu'il y ait des institutions fortes, il faut que les actes rendus par la justice, soient respectés. À partir de la semaine prochaine, c’est-à-dire lundi, nous allons protéger cette décision de justice. Nous allons organiser des sit-in par exemple devant la justice, pour demander l'exécution de la décision de justice ", a-t-il annoncé.

Pour Issiaka Diaby, "le ministre de l'Intérieur ne doit pas sécuriser l'arrivée de Laurent Gbagbo". "À partir de lundi, s'il n'y a pas de changement, de façon citoyenne, nous allons mener des actions à travers le pays pour que les gens sachent que les victimes doivent être au cœur de la question de la réconciliation. Tant que les autorités ne mènent pas des actions en faveur des victimes, nous ne lâcherons pas prise. L'indemnisation des victimes n'a pas été respectée par le pouvoir", a-t-il mis en garde.


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