Tunisie : Amnesty International lève le ton contre le régime de Saïed

Tunisie : Amnesty International lève le ton contre le régime de Saïed
Par K. Richard Kouassi
Publié le 27 août 2021 à 18:09 | mis à jour le 27 août 2021 à 18:09

Amnesty International s'est prononcée jeudi 26 août 2021 sur les interdictions de sortie de la Tunisie, frappant plusieurs personnalités du pays depuis juillet. L'organisation non gouvernementale (ONG) a jugé que les mesures prises par les autorités tunisiennes sont "arbitraires" et "illégales".

Amnesty International épingle Kaïs Saïed

Dans un communiqué publié sur son site internet officiel, Amnesty International a appelé le régime de Kaïs Saïed à mettre fin à toutes les "interdictions arbitraires" de sortie de la Tunisie qui visent plusieurs Tunisiens depuis l'arrivée au pouvoir de l'actuel président le 25 juillet 2021. "Au cours du premier mois depuis son accession à des pouvoirs exceptionnels, le président tunisien Kais Saied a largement utilisé les interdictions arbitraires de voyager en Tunisie en dehors des cadres judiciaires", peut-on lire dans un communiqué publié mercredi sur le site d'Amnesty International qui a invité le pouvoir tunisien à"respecter le droit des Tunisiens à la liberté de mouvement".

Pour Heba Morayef, la directrice du bureau régional Moyen-Orient et Afrique d'Amnesty International, "la suspension indéfinie du Parlement par le président Saïed ne peut servir d'excuse pour violer les droits et libertés dans le pays ou porter atteinte au système judiciaire".

Il faut rappeler que depuis juillet 2021, le président tunisien Kaïs Saïed a pris des mesures exceptionnelles, notamment le gel des activités du Parlement tout comme la levée d'immunité des députés. D'ailleurs, le 16 août 2021, il a répondu à ses détracteurs à propos de l'interdiction de voyager prise à l'encontre de leaders de la société civile et de membres de partis politiques. Le dirigeant tunisien a expliqué que la liberté de mouvement en Tunisie est "garantie par la Constitution et les normes internationales".

Toutefois, Kaïs Saïed a mentionné qu'il s'agissait plutôt d'empêcher des individus soupçonnés de corruption ou d'être une menace pour le pays de quitter la Tunisie.


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