France: Le polémiste Eric Zemmour croise le fer avec Mélenchon

3,8 millions de téléspectateurs suivent le débat Mélenchon - Eric Zemmour sur BFMTV
Par Eugène SAHI
Publié le 24 septembre 2021 à 13:49 | mis à jour le 24 septembre 2021 à 13:49

C’est incontestablement le débat-télé de l’année en France. Le polémiste d’extrême droite Eric Zemmour et le candidat d’extrême gauche à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, ont débattu sur « BFMTV » dans la soirée du jeudi 23 septembre.

3,8 millions de téléspectateurs suivent le débat Mélenchon - Eric Zemmour sur BFMTV

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La vision d'Eric Zemmour, un “ danger pour la France”, selon Jean-Luc Mélenchon, était au coeur du débat entre les deux personnalités jeudi soir sur BFMTV qui a enregistré au moins 3,8 millions de téléspectateurs, plaçant la chaîne de télé française à la première place des audiences. Les accrochages ont commencé dès les premières minutes du débat. Jean-Luc Mélenchon a commencé par demander que l’échange ne soit pas « un match » mais une « confrontation et un moment de responsabilité ».

Mais dès les premières minutes, c'est le candidat de la France insoumise qui a attaqué Eric Zemmour le qualifiant de "danger pour la France" avec une vision "rabougrie" avant de rappeler sa condamnation pour racisme. Le député insoumis a estimé qu’Eric Zemmour était « un danger pour notre pays ». « Vous êtes un raciste avec une vision rabougrie de la France », a-t-il poursuivi, sous les soupirs d’Eric Zemmour. «Notre opposition est totale », a estimé le chef des Insoumis, ajoutant qu’on « perd tout son temps à discuter des folies de Monsieur Zemmour; lequel a décidé d’expulser cinq millions de musulmans ».

« Vous commencez très mal : vous dites n’importe quoi », a rétorqué le polémiste. « Taisez-vous », a-t-on ensuite entendu. « Vous avez une conception de la démocratie qui n’est pas la mienne », a poursuivi Eric Zemmour, ajoutant : « Depuis deux siècles dans votre camp on ne débat pas, on guillotine ».

Sur l'immigration

"Nous avons donné les droits de la politique d'immigration aux immigrés. Ce sont eux qui choisissent qui vient, qui ne vient pas : le fils, la mère, la femme, le cousin…" explique dans un premier temps le polémiste avant de s'attaquer à l'Islam. "L'islam est une religion politique par essence. Elle ne s'occupe pas de l'intériorité des fidèles mais des normes sociales et politiques. L'islam est une religion qui concurrence le code civil, (…) qui n'est pas compatible avec la France." Absolument pas d'accord avec les propos, Jean-Luc Mélenchon préfère parler de "créolisation de la France ". Pour le candidat, "nous sommes le pays qui pratique depuis le plus longtemps une forme de créolisation assumée, c'est-à-dire la création d'une culture commune de gens qui se trouvent au même endroit".

Sur l'insécurité, Eric Zemmour a pointé du doigt le djihad. "Pour moi, la délinquance que nous vivons n'est pas une délinquance, c'est un djihad. C'est une guerre de civilisation qui nous est menée, une guerre de pillages, une guerre de viols, une guerre de meurtres". De son côté, Jean-Luc Mélenchon a profité de cette occasion pour mettre avant plusieurs points de son programme pour la présidentielle 2022. "On a réussi à couper la police de la population. Je veux une police respectueuse des gens" a-t-il lancé.

« Oui il y a de l’insécurité, et je vous annonce qu’il y en aura toujours plus à mesure qu’il y aura plus de misère et de désintégration de l’école publique », a commencé Jean-Luc Mélenchon en abordant le thème de la sécurité et de la police. « Cela n’a aucun rapport avec la pauvreté. La délinquance est un djihad, une guerre de civilisation qui nous est menée », a répondu Eric Zemmour, affirmant que dans les prisons, « il n’y a pas un nom français ».

Pendant près d'une heure, les deux candidats se sont écharpés sur cette discussion de l'immigration et de l'insécurité, de nombreuses passes d'armes se sont déroulées avant que le candidat de la France insoumise parle de "Zemmouristan" pour qualifier les propos de son adversaire du soir. "Un pays où les femmes sont rabaissées, où il y a la peine de mort, où les homosexuels sont punis… (...) le Zemmouristan, ça existe " et " ça s'appelle l'Arabie saoudite.

Retraite à 60 ans, impôts et allocations

L’un des enjeux de ce débat était également d’entendre parler Eric Zemmour sur d’autres thèmes que ceux de l’identité, ou de l’immigration. Après une heure de débat, le sujet de la fracture sociale a été abordé ainsi que l’économie. Jean-Luc Mélenchon a rappelé sa volonté de réduire l’âge de départ à la retraite à 60 ans et a déploré une fracture sociale. Il a proposé un protectionnisme écologique et a demandé un modèle « plus sobre, plus égalitaire ».

Eric Zemmour a évoqué « l’assistanat » et a regretté que la France soit passée selon lui à un « modèle de solidarité universel ». « Il faut réduire les charges sociales, réduire les impôts. Il faudrait que la solidarité soit de nouveau nationale et que nous ne donnions plus les allocations aux étrangers », a proposé Eric Zemmour. Jean-Luc Mélenchon a affirmé que les allocations reçues par les étrangers étaient bien inférieures aux cotisations qu’ils apportaient à la France par le travail.

Des positions antagonistes sur le nucléaire

« Je ne suis pas un spécialiste du climat », a reconnu Eric Zemmour, estimant que « l’écologie a été prise en otage par l’extrême gauche. Il faudrait une écologie de droite, près de la nature, enracinée ».

Les deux débatteurs se sont opposés longuement sur le nucléaire. Jean-Luc Mélenchon plaide pour une sortie du nucléaire : « Que se passera-t-il si un jour il y a un problème ? ».

« Nous sommes le pays qui émet le moins de CO2 car nous avons un mix énergétique qui repose à 75 % sur le nucléaire. Nous devrions faire des cocoricos tous les jours », a affirmé Eric Zemmour. « Abandonner le nucléaire c’est abandonner notre souveraineté nationale et 200 000 emplois directs », selon lui. De plus, il a estimé que « les éoliennes sont des catastrophes à la fois pour la santé des gens, pour la beauté des paysages… ».

Sur les autres sujets

Eric Zemmour n'a jamais trop détaillé ses ambitions ni ses convictions, le polémiste a fait valoir ses arguments. Sur la fracture sociale, l'ancien journaliste s'en est pris à l'Etat-providence français, qu'il a qualifié d'" obèse " : " Le modèle social a renoncé à ces deux principes : lier les contributions au travail et nous sommes passés d'un système de répartition à un système d'assistanat. " Il souhaite notamment " réduire les impôts et les charges sociales. Enfin, sur l'environnement, les deux protagonistes n'ont toujours pas trouvé un terrain d'entente. Jean-Luc Mélenchon veut abandonner " le nucléaire dans les prochaines années. Le député des Bouches-du-Rhône souhaite "déployer l'hydroélectrique, redéployer les hydroliennes, l'énergie géothermique et améliorer la sobriété dans la consommation énergétique. Ça va mettre au travail des dizaines de milliers de gens" alors qu'Eric Zemmour ne veut pas abandonner cette énergie nucléaire. "Abandonner le nucléaire, c'est abandonner notre souveraineté nationale" a-t-il lancé évoquant également tout le mal qu'il pense des éoliennes.


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