L'opposant turc Osman Kavala, cauchemar de Recep Tayyip Erdogan

Osman Kavala
Par Eugène SAHI
Publié le 24 octobre 2021 à 15:08 | mis à jour le 24 octobre 2021 à 15:09

En Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan a annoncé samedi avoir ordonné l’expulsion de dix ambassadeurs, pour avoir demandé la libération de l'opposant Osman Kavala

Erdogan expulse 10 ambassadeurs qui demandent la libération d’ Osman Kavala

Tous les diplomates qui ont publié un communiqué commun plus tôt cette semaine réclamant une résolution dans le dossier de l’homme d’affaires et philanthrope Osman Kavala, détenu depuis 2017 sans avoir été condamné pour aucun crime, ont été sommés de quitter la Turquie.

La publication mise en ligne lundi dernier, réclame la « libération urgente » de M. Kavala. En réplique, le président Erdogan a qualifié cette sortie commune des représentants étrangers d’« impudence » et demandé l’expulsion de ces diplomates occidentaux.

« J’ai donné l’ordre à notre ministre des Affaires étrangères en disant : “Vous allez prendre en charge immédiatement les déclarations de persona non grata concernant ces dix ambassadeurs” », a-t-il déclaré lors d’un rassemblement partisan à Eskisehir.

Il a enchaîné en disant qu’ils vont « reconnaître, comprendre et connaître la Turquie. Le jour où ils ne connaîtront pas ou ne comprendront pas la Turquie, ils vont partir. »

Tous les diplomates visés ont été convoqués dans les bureaux du ministère des Affaires étrangères mardi. Bête noire du président Erdogan, Osman Kavala, ce milliardaire pro-démocratie, est dans le viseur du pouvoir en place depuis 2013.

Ankara l’accuse d’être un agent de l’étranger, voulant renverser le gouvernement turc.

Depuis 2017, Osman Kavala, 64 ans, homme d’affaires turc richissime (ses aïeux ont fait fortune dans le tabac) et philanthrope, est emprisonné dans les geôles de son pays.

Au pouvoir depuis 19 ans, le chef de l’État turc assiste à un effritement inédit de sa base électorale qui compromet ses chances de réélection. Le prochain scrutin législatif et présidentiel aura lieu en juin 2023, à moins qu’il ne soit avancé.

Dans la même veine, le chef de l’État turc a menacé plusieurs fois ces derniers jours de mener une nouvelle incursion militaire en Syrie.


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