Coton-anacarde: La Côte d'Ivoire veut consolider sa position dans le secteur

Le Conseil du coton et de l’anacarde de Côte d’Ivoire (CCA), à travers son Directeur général Adama Coulibaly a participé aux étapes des 25 et 26
Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 29 novembre 2021 à 16:48 | mis à jour le 29 novembre 2021 à 16:54

Le Conseil du coton et de l’anacarde de Côte d’Ivoire (CCA), à travers son Directeur général Adama Coulibaly, a participé aux étapes des 25 et 26 novembre 2021, dans le cadre de la présence de la Côte d'Ivoire à Dubaï Expo 2020, sous la présidence du chef du gouvernement, le Premier ministre Patrick Achi.

Conseil du coton et de l’anacarde de Côte d’Ivoire: Le DG Adama Coulibaly présente des projets à Dubaï Expo 2020

Le conseil du coton et de l'anacarde à présenté plusieurs projets à des investisseurs à l'occasion des journées consacrées à la Côte d'Ivoire à Expo Dubaï 2020. Face à la presse, jeudi 25 novembre 2021, dans la capitale émirati, en marge du Forum économique sur la Côte d'Ivoire, Dr Adama Coulibaly, Directeur général de la structure, a présenté un état des lieux du secteur coton et anacarde, et dévoilé des sujets évoqués dans le cadre des rencontres BtoB avec des investisseurs. La présence du CCA à Dubaï Expo 2020, a été saisie pour présenter dans le cadre des échanges B to B des projets qui tiennent à cœur et pour lesquels des investissements extérieurs sont attendus.

Outre l’aménagement de quatre zones agro industrielles dédiées à la transformation de l’anacarde pour un montant global de 42 milliards de Fcfa, il y a le projet de développement de l’industrie textile de filature et de tissage en Côte d’Ivoire, s’agissant du coton. D’un coût de près de 34 milliards de Fcfa, pour 30 mille emplois directs, le projet porte sur le développement de la filature des fils de coton en fibres peignées, fils de fibres synthétiques discontinues et fils à coudre de coton conditionnés. Deux autres projets ont particulièrement été discutés : l’installation d’une unité de transformation de noix de cajou de 30 tonnes et l’installation d’une autre unité de transformation de noix de cajou, de 50 mille tonnes.

Près de 12 milliards de Fcfa pour l’usine de 30 mille tonnes et près de 17 milliards Fcfa pour l’usine de 50 mille tonnes, sont attendus pour ces deux projets. Ces projets sont également portés par différents ministères en lien avec l’industrie, et les investissements privés et le développement du secteur privé. Ce sont plus de 100 millards Fcfa qui sont attendus pour répondre aux défis d’une plus grande rentabilité de la filière dans les 5 années à venir.

136. 000 tonnes tonnes de noix brutes transformées en Côte d’Ivoire cette année

Estimant que la Côte d’Ivoire n’a pas été constamment agressive dans le passé en termes de communication, de voyages et de forum de ce genre, Adama Coulibaly compte sur les contacts pris à DubaïExpo 2020, pour consolider la position ivoirienne dans le secteur du coton et de l'anacarde, une matière première qui fait l’objet d’un commerce triangulaire.

« Les noix brutes produites en Côte d’Ivoire sont transportées au Vietnam où elles sont transformées et exportées comme produits vietnamiens. Ainsi, c'est le Vietnam qui est connu comme fournisseur d’amande dans le monde. La Côte d’Ivoire n’est pas connue. Le Vietnam produit l'anacarde. Toutefois, il produit à peine la moitié de ce que nous produisons. Le Vietnam selon les chiffres qu’ils ont eux-mêmes donnés la dernière fois, c’est autour 380.000 tonnes. C'est loin de ce que la Côte d'Ivoire produit », a expliqué le DG du CCA, qui au-delà des forums, appelle à structurer la communication, à faire des voyages à travers le monde, pour vendre, profiter de toutes les opportunités en vue de faire effectivement connaître la Côte d’Ivoire comme une puissance agricole.

« La Côte d’Ivoire est une puissance agricole au plan mondial. Quand vous êtes premier producteur mondial de cacao, premier producteur mondial de cola, premier producteur mondial de noix de cajou, quatrième au niveau de l’hévéa, septième au niveau de l’ huile de palme, c’est extrêmement important. On ne parle même pas des autres spéculations qui restent aussi importantes. Donc, c’est très important que nous puissions être beaucoup plus agressifs en termes de communication. Certes beaucoup savent pour le cacao, mais pour les autres spéculations, les gens ne le savent pas », a encore justifié Adama Coulibaly.

Le DG du CCA se veut optimiste à la suite des résultats obtenus au niveau de la transformation ces trois dernières années : « Il y a 3 ans en arrière, nous étions à 44.000 tonnes de noix brutes transformées en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, cette année, nous sommes à 136. 000 tonnes. En trois ans, on a multiplié par trois le volume qu’on transforme en Côte d’Ivoire. Et cela va continuer parce que la pâte est en train de prendre. Aujourd’hui, nous commençons à être très visible sur le marché des amandes. Ainsi les gens ne sont plus animés par la volonté d’aller au Vietnam quand ils prennent les amandes directement chez nous. Parce que nos amandes ont un goût meilleur. Ensuite, le produit est plus frais lorsqu'il est pris avec nous. Le parcours en Côte d'Ivoire fait que lorsque le produit quitte le champ, il est à l'usine et est transformé deux mois après. Deux mois plus tard , il est ensuite renvoyé sur les marchés. Quand il doit aller en Vietnam, le produit est stocké. Au moment où je vous parle il y a des stocks qui ne sont pas encore partis. Ce sont des stocks qui ont été récoltés en décembre 2020, janvier 2021, février 2021 et mars 2021. Nous sommes en bientôt en décembre 2021 et ces produits prendront encore deux mois sur la mer. Après ils sont stockés dans un magasin avant d'arriver à l'usine qui va les transformer. Tout cela peut souvent prendre un an ».

La Côte d'Ivoire, 2e pays-producteur africain du coton après le Bénin

À propos du sentiment exprimé par des journalistes faisant état de ce que les acteurs de la filière coton sont délaissés avec le manque de disponibilité de matière première pour les industries locales du textile en Côte d’Ivoire, le Directeur général Adama Coulibaly a rassuré qu'à chaque campagne, une quantité de fibre est bel et bien réservée aux industries textiles locales.

« Mais après, il faut que ces usines aient l'argent pour acheter. Le problème que nous rencontrons, c'est le fonds de roulement pour acheter de la matière première. Quand vous êtes à l'arrêt, ou quand votre usine ne tourne pas à plein régime, vous ne pouvez pas présenter un bilan certifié à une banque. Nous sommes en train de nous attaquer à cette difficulté pour solutionner de façon durable cette question de manière première. Même dans l'anacarde, nos transformateurs locaux ont cette difficulté parce qu'il faut lever de gros fonds. Or, beaucoup n'arrivent pas, j’allais dire à travailler en plein régime. Par conséquent, à la fin de l'année, le bilan qu'ils présentent ne reflète pas une activité régulière normale qui permet à une banque de faire confiance et de libérer les fonds. Suite à une séance de travail récemment, le Premier ministre nous a instruits ainsi que des responsables de banque, de faire des propositions que le gouvernement va analyser en vue de s'engager pour accompagner la transformation en ce qui concerne le coton et l'anacarde », a conclu Adama Coulibaly. La Côte d’Ivoire a terminé la dernière campagne avec 559 mille tonnes de coton graine. Cela représente 232 mille tonnes de coton fibre et place le pays au 2e rang de pays-producteurs africains juste après le Bénin.

Objectif: arriver à au moins 500.000 tonnes de noix brutes de cajou transformées en Côte d’Ivoire

Remerciant le Premier ministre Patrick Achi qui a autorisé les déplacements à ce forum important, Docteur Adama Coulibaly a mis l’accent sur les besoins de la transformation. Des besoins qui supposent des investissements. « C’est pour cela que nous parcourons le monde à la recherche des partenaires pour que des investissements conséquents puissent être faits dans le domaine de la transformation des produits de l’anacarde et du coton. Pour attirer des investisseurs, il nous faut créer un environnement global favorable à leur arrivée en Côte d’Ivoire. Et cet environnement part de la réalisation des infrastructures industrielles. Je veux dire des zones industrielles comme nous sommes en train de le faire à Bondoukou, à Korhogo, bientôt à Séguéla et plus tard à Bouaké pour l’anacarde.

Nous voulons dupliquer la même démarche dans le cadre du coton, mais, avec des superficies plus grandes. Cela demande beaucoup d’investissements et surtout des investissements lourds. D’où, l’importance pour nous de rechercher des partenaires à travers le monde. Et cette partie du monde ici à Dubaï est particulièrement propice au partenariat stratégique. Vous savez l’anacarde est particulièrement prisé ici à Dubaï . C’est un marché émergent pour l’amande de cajou. Notre présence ici se justifie donc largement parce que non seulement, nous cherchons des débouchés pour des produits qui sont déjà transformés, mais nous cherchons également des investisseurs pour accélérer le mouvement afin d’arriver à au moins 500.000 tonnes de noix brutes de cajou transformées en Côte d’Ivoire », a expliqué aux journalistes, le Directeur général du Conseil du coton et de l’anarcade.

Avec Sercom


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